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		<title>Nouvel article</title>
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		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture et actualit&#233; </dc:subject>

		<description>Le G20 face &#224; la crise : un consensus du chacun-pour-soi Louis Gill le 15 juillet 2010 Cet article est une mise &#224; jour d'une conf&#233;rence pr&#233;sent&#233;e &#224; l'invitation d'Attac-Qu&#233;bec, le 19 mai 2010 &#224; Montr&#233;al, sur les enjeux du sommet du G20 de juin 2010 &#224; Toronto. Rappelons d'abord que le G20 regroupe les pays du G7 (&#201;tats-Unis, Japon, Allemagne Grande-Bretagne, France, Italie et Canada) et du BRIC (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine), ainsi que l'Union europ&#233;enne, la Turquie, l'Australie, l'Argentine, le

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le G20 face &#224; la crise : un consensus du chacun-pour-soi&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis Gill
le 15 juillet 2010&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet article est une mise &#224; jour d'une conf&#233;rence pr&#233;sent&#233;e &#224; l'invitation d'Attac-Qu&#233;bec, le 19 mai 2010 &#224; Montr&#233;al, sur les enjeux du sommet du G20 de juin 2010 &#224; Toronto.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rappelons d'abord que le G20 regroupe les pays du G7 (&#201;tats-Unis, Japon, Allemagne Grande-Bretagne, France, Italie et Canada) et du BRIC (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine), ainsi que l'Union europ&#233;enne, la Turquie, l'Australie, l'Argentine, le Mexique, l'Arabie saoudite, l'Afrique du sud, l'Indon&#233;sie et la Cor&#233;e du sud. Les pays du G20 comptent pour 90 % du Produit mondial brut et les deux tiers de la population mondiale. Avant le sommet de Toronto, le G20 avait tenu trois rencontres, &#224; Washington le 15 novembre 2008, Londres le 2 avril 2009 et Pittsburgh les 24 et 25 septembre 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une peau de chagrin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;sultats du sommet de Toronto, qui a eu lieu les 26 et 27 juin 2010, se r&#233;sument &#224; une peau de chagrin et ce sommet ne passera &#224; l'histoire que par l'ampleur des moyens financiers consacr&#233;s &#224; son organisation et &#224; la s&#233;curit&#233; (1,3 milliard de dollars) et les plus importantes arrestations massives de manifestants de l'histoire du Canada (1000 personnes dont 800 ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;es sans qu'aucune accusation ne soit port&#233;e contre elles).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans sa d&#233;claration officielle, le G20 se dit r&#233;solu &#224; poursuivre les mesures de relance budg&#233;taire pour soutenir la reprise, cr&#233;er des emplois et assurer une croissance durable, et &#233;voque la possibilit&#233; que des ajustements budg&#233;taires &#224; la baisse men&#233;s simultan&#233;ment dans plusieurs grandes &#233;conomies nuisent &#224; la reprise. Mais il met aussi en garde contre la possibilit&#233; que l'absence de mesures d'assainissement ralentisse la croissance (paragraphe 10). C'est cette deuxi&#232;me dimension, on le sait, qui tenait le plus &#224; c&#339;ur &#224; l'h&#244;te du sommet, le premier ministre Stephen Harper du Canada, au m&#234;me titre que son opposition &#224; l'instauration d'une taxe sur les banques. On ne saurait donc s'&#233;tonner de ce que ce soit ces deux axes qui aient &#233;t&#233; au centre des orientations de ce sommet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le premier ministre Harper s'est f&#233;licit&#233; de ce que le sommet ait endoss&#233; ses propositions relatives &#224; l'assainissement des finances des pays membres (r&#233;duction des d&#233;ficits publics de moiti&#233; d'ici 2013, stabilisation ou r&#233;duction du rapport de la dette publique au PIB d'ici 2016), il faut surtout retenir que chaque pays a interpr&#233;t&#233; cet objectif &#224; sa mani&#232;re. Certains, comme la Grande-Bretagne et les &#201;tats-Unis, s'&#233;taient d&#233;j&#224; fix&#233; des objectifs de cet ordre, alors que d'autres, comme la France, ont d&#233;clar&#233; ne pas se sentir li&#233;s par l'engagement du G20. Le Japon en particulier, qui peut compter sur une puissante source d'&#233;pargne int&#233;rieure pour financer son &#233;norme dette toujours en croissance, est explicitement mentionn&#233; dans la d&#233;claration comme n'&#233;tant pas li&#233; par l'engagement. Aucune sanction non plus n'est pr&#233;vue en cas de d&#233;rogation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le chacun-pour-soi est aussi la r&#232;gle retenue par ce sommet sur la question controvers&#233;e de la &lt;i&gt;&#171; remise en &#233;tat du secteur financier &#187;&lt;/i&gt; et de l'hypoth&#232;se de l'imposition &#224; cet effet d'une taxe sur les banques ou sur les transactions financi&#232;res. La d&#233;claration finale le formule dans les termes laconiques suivants : &lt;i&gt;&#171; Nous avons reconnu qu'il existe une s&#233;rie d'approches strat&#233;giques &#224; cet &#233;gard. Certains pays ont choisi une taxe financi&#232;re. D'autres ont adopt&#233; une approche diff&#233;rente &#187;&lt;/i&gt; ! (paragraphe 21). On sait que la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les &#201;tats-Unis se sont prononc&#233;s en faveur d'une taxe bancaire, alors que le Canada a men&#233; une &#233;nergique campagne pour contrer ce projet et gagn&#233; &#224; ses vues un nombre significatif de pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour caract&#233;riser ces maigres r&#233;sultats que chacun est finalement libre de promouvoir ou de ne pas respecter, le pr&#233;sident de la France, Nicolas Sarkozy, a parl&#233; du sommet de Toronto comme d'un &lt;i&gt;&#171; sommet d'&#233;tape &#187;&lt;/i&gt; entre le sommet de Londres, qui a eu lieu le 2 avril 2009, et celui de S&#233;oul qui aura lieu les 11 et 12 novembre 2010 o&#249; des d&#233;cisions plus fermes seraient prises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les membres du G20 ont n&#233;anmoins estim&#233; que &#171; beaucoup de travail a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait &#187; dans la construction &lt;i&gt;&#171; d'un syst&#232;me financier plus r&#233;silient qui [&#8230;] r&#233;duit l'al&#233;a moral, freine la mont&#233;e du risque syst&#233;mique et soutient une croissance stable de l'&#233;conomie &#187;&lt;/i&gt; (paragraphe 15). Ils ont salu&#233; la cr&#233;ation du fonds europ&#233;en de stabilisation financi&#232;re et la d&#233;cision de l'Union europ&#233;enne de mener des tests de r&#233;sistance sur les banques europ&#233;ennes, ainsi que &lt;i&gt;&#171; le r&#233;cent projet de loi am&#233;ricain sur la r&#233;forme financi&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, mais sans se prononcer sur les termes de ce &#171; projet de loi &#187; qui avait pourtant fait l'objet d'une adoption de principe au Congr&#232;s la veille du sommet [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Les deux chambres du Congr&#232;s devaient l'adopter formellement quelques jours (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s le premier sommet du G20 &#224; Washington, qui a &#233;t&#233; vu comme devant ouvrir une nouvelle &#232;re de coop&#233;ration ax&#233;e sur la recherche de solutions globales &#224; des probl&#232;mes globaux, le sommet de Toronto aura &#233;t&#233; celui de la cons&#233;cration de l'&#233;chec du processus d'intervention collective, o&#249; le principal accord r&#233;alis&#233; est celui qui reconna&#238;t &#224; chacun son droit d'intervenir &#224; son propre compte en se guidant tout au plus sur un ensemble de pr&#233;ceptes qui n'ont qu'une valeur indicative. Lanc&#233;e comme une mesure de panique au c&#339;ur d'une crise qui mena&#231;ait les fondements du syst&#232;me par des pays dont la nature n'est pas de coop&#233;rer mais de se concurrencer, cette pr&#233;tendue volont&#233; de concertation &#233;tait vou&#233;e &#224; p&#233;ricliter d&#232;s le moment o&#249; la conviction serait acquise que les probl&#232;mes seraient d&#233;sormais derri&#232;re nous. Le sommet de Toronto n'est que l'aboutissement normal d'un processus qui se dessinait clairement au sein des sommets pr&#233;c&#233;dents. Jetons-y un coup d'&#339;il.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;LIRE LE TEXTE COMPLET EN MODE PDF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Les deux chambres du Congr&#232;s devaient l'adopter formellement quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nouvel article</title>
		<link>http://economieautrement.org/spip.php?article124</link>
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		<dc:date>2010-09-09T00:19:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;CONOMISTES ATTERR&#201;S</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture et actualit&#233; </dc:subject>

		<description>Premiers signataires : Philippe Askenazy (CNRS, Ecole d'&#233;conomie de Paris), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d'Attac), Andr&#233; Orl&#233;an (CNRS, EHESS), Henri Sterdyniak (OFCE) Manifeste d'&#233;conomistes atterr&#233;s, 01/09/2010 CRISE ET DETTE EN EUROPE : 10 FAUSSES EVIDENCES, 22 MESURES EN DEBAT POUR SORTIR DE L'IMPASSE Introduction La reprise &#233;conomique mondiale, permise par une injection colossale de d&#233;penses publiques dans le circuit &#233;conomique (des &#201;tats-Unis &#224; la Chine), est fragile mais r&#233;elle.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Premiers signataires :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Philippe Askenazy (CNRS, Ecole d'&#233;conomie de Paris), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d'Attac), Andr&#233; Orl&#233;an (CNRS, EHESS), Henri Sterdyniak (OFCE)&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Manifeste d'&#233;conomistes atterr&#233;s, 01/09/2010&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;CRISE ET DETTE EN EUROPE : 10 FAUSSES EVIDENCES, 22 MESURES EN DEBAT POUR SORTIR DE L'IMPASSE&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	La reprise &#233;conomique mondiale, permise par une injection colossale de d&#233;penses publiques dans le circuit &#233;conomique (des &#201;tats-Unis &#224; la Chine), est fragile mais r&#233;elle. Un seul continent reste en retrait, l'Europe. Retrouver le chemin de la croissance n'est plus sa priorit&#233; politique. Elle s'est engag&#233;e dans une autre voie : celle de la lutte contre les d&#233;ficits publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Dans l'Union Europ&#233;enne, ces d&#233;ficits sont certes &#233;lev&#233;s &#8211; 7% en moyenne en 2010 &#8211; mais bien moins que les 11% affich&#233;s par les &#201;tats-Unis . Alors que des &#201;tats nord-am&#233;ricains au poids &#233;conomique plus important que la Gr&#232;ce, la Californie par exemple, sont en quasi-faillite, les march&#233;s financiers ont d&#233;cid&#233; de sp&#233;culer sur les dettes souveraines de pays europ&#233;ens, tout particuli&#232;rement ceux du Sud. L'Europe est de fait prise dans son propre pi&#232;ge institutionnel : les &#201;tats doivent emprunter aupr&#232;s d'institutions financi&#232;res priv&#233;es qui obtiennent, elles, des liquidit&#233;s &#224; bas prix de la Banque Centrale Europ&#233;enne. Les march&#233;s ont donc la cl&#233; du financement des &#201;tats. Dans ce cadre, l'absence de solidarit&#233; europ&#233;enne suscite la sp&#233;culation, d'autant que les agences de notation jouent &#224; accentuer la d&#233;fiance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Il a fallu la d&#233;gradation, le 15 juin, de la note de la Gr&#232;ce par l'agence Moody's, pour que les dirigeants europ&#233;ens retrouvent le terme d' &#171; irrationalit&#233; &#187; qu'ils avaient tant employ&#233; au d&#233;but de la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;. De m&#234;me, on d&#233;couvre maintenant que l'Espagne est bien plus menac&#233;e par la fragilit&#233; de son mod&#232;le de croissance et de son syst&#232;me bancaire que par son endettement public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Pour &#171; rassurer les march&#233;s &#187;, un Fonds de stabilisation de l'euro a &#233;t&#233; improvis&#233;, et des plans drastiques et bien souvent aveugles de r&#233;duction des d&#233;penses publiques ont &#233;t&#233; lanc&#233;s &#224; travers l'Europe. Les fonctionnaires sont les premiers touch&#233;s, y compris en France, o&#249; la hausse des cotisations retraites sera une baisse d&#233;guis&#233;e de leur salaire. Le nombre de fonctionnaires diminue partout, mena&#231;ant les services publics. Les prestations sociales, des Pays-Bas au Portugal en passant par la France avec l'actuelle r&#233;forme des retraites, sont en voie d'&#234;tre gravement amput&#233;es. Le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; de l'emploi se d&#233;velopperont n&#233;cessairement dans les ann&#233;es &#224; venir. Ces mesures sont irresponsables d'un point de vue politique et social, et m&#234;me au strict plan &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Cette politique, qui a tr&#232;s provisoirement calm&#233; la sp&#233;culation, a d&#233;j&#224; des cons&#233;quences sociales tr&#232;s n&#233;gatives dans de nombreux pays europ&#233;ens, tout particuli&#232;rement sur la jeunesse, le monde du travail et les plus fragiles. A terme elle attisera les tensions en Europe et menacera de ce fait la construction europ&#233;enne elle-m&#234;me, qui est bien plus qu'un projet &#233;conomique. L'&#233;conomie y est cens&#233;e &#234;tre au service de la construction d'un continent d&#233;mocratique, pacifi&#233; et uni. Au lieu de cela, une forme de dictature des march&#233;s s'impose partout, et particuli&#232;rement aujourd'hui au Portugal, en Espagne et en Gr&#232;ce, trois pays qui &#233;taient encore des dictatures au d&#233;but des ann&#233;es 1970, il y a &#224; peine quarante ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Qu'on l'interpr&#232;te comme le d&#233;sir de &#171; rassurer les march&#233;s &#187; de la part de gouvernants effray&#233;s, ou bien comme un pr&#233;texte pour imposer des choix dict&#233;s par l'id&#233;ologie, la soumission &#224; cette dictature n'est pas acceptable, tant elle a fait la preuve de son inefficacit&#233; &#233;conomique et de son potentiel destructif au plan politique et social. Un v&#233;ritable d&#233;bat d&#233;mocratique sur les choix de politique &#233;conomique doit donc &#234;tre ouvert en France et en Europe. La plupart des &#233;conomistes qui interviennent dans le d&#233;bat public le font pour justifier ou rationaliser la soumission des politiques aux exigences des march&#233;s financiers. Certes, les pouvoirs publics ont d&#251; partout improviser des plans de relance keyn&#233;siens et m&#234;me parfois nationaliser temporairement des banques. Mais ils veulent refermer au plus vite cette parenth&#232;se. Le logiciel n&#233;olib&#233;ral est toujours le seul reconnu comme l&#233;gitime, malgr&#233; ses &#233;checs patents. Fond&#233; sur l'hypoth&#232;se d'efficience des march&#233;s financiers, il pr&#244;ne de r&#233;duire les d&#233;penses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le march&#233; du travail, de lib&#233;raliser le commerce, les services financiers et les march&#233;s de capitaux, d'accro&#238;tre la concurrence en tous temps et en tous lieux&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tant qu'&#233;conomistes, nous sommes atterr&#233;s de voir que ces politiques sont toujours &#224; l'ordre du jour et que leurs fondements th&#233;oriques ne sont pas remis en cause. Les arguments avanc&#233;s depuis trente ans pour orienter les choix des politiques &#233;conomiques europ&#233;ennes sont pourtant mis en d&#233;faut par les faits. La crise a mis &#224; nu le caract&#232;re dogmatique et infond&#233; de la plupart des pr&#233;tendues &#233;vidences r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; sati&#233;t&#233; par les d&#233;cideurs et leurs conseillers. Qu'il s'agisse de l'efficience et de la rationalit&#233; des march&#233;s financiers, de la n&#233;cessit&#233; de couper dans les d&#233;penses pour r&#233;duire la dette publique, ou de renforcer le &#171; pacte de stabilit&#233; &#187;, il faut interroger ces fausses &#233;vidences et montrer la pluralit&#233; des choix possibles en mati&#232;re de politique &#233;conomique. D'autres choix sont possibles et souhaitables, &#224; condition d'abord de desserrer l'&#233;tau impos&#233; par l'industrie financi&#232;re aux politiques publiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous faisons ci-dessous une pr&#233;sentation critique de dix postulats qui continuent &#224; inspirer chaque jour les d&#233;cisions des pouvoirs publics partout en Europe, malgr&#233; les cinglants d&#233;mentis apport&#233;s par la crise financi&#232;re et ses suites. Il s'agit de fausses &#233;vidences qui inspirent des mesures injustes et inefficaces, face auxquelles nous mettons en d&#233;bat vingt-deux contre-propositions. Chacune d'entre elles ne fait pas n&#233;cessairement l'unanimit&#233; entre les signataires de ce texte, mais elles devront &#234;tre prises au s&#233;rieux si l'on veut sortir l'Europe de l'impasse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;LIRE LE TEXTE COMPLET EN MODE PDF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>P&#233;riode estivale</title>
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		<dc:date>2010-08-02T20:01:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif d'animation</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture et actualit&#233; </dc:subject>

		<description>Nos activit&#233;s de publication seront suspendues durant la p&#233;riode estivale et reprendront &#224; la rentr&#233;e. D'ici l&#224;, nous vous souhaitons un bon &#233;t&#233; Solidairement Le collectif d'animation d'&#201;conomie autrement

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		<title>DEBAT FINANCES PUBLIQUES</title>
		<link>http://economieautrement.org/spip.php?article74</link>
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		<dc:date>2010-07-23T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif d'animation</dc:creator>


		<dc:subject>Dossier finances publiques 1</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le gouvernement du Qu&#233;bec a amorc&#233; &#224; l'automne 2009 et poursuit jusqu'en mars prochain des consultations pr&#233;-budg&#233;taires. Un comit&#233; consultatif, pr&#233;sid&#233; par le ministre des finances Raymond Bachand publie jusqu'en f&#233;vrier 2010 diff&#233;rents documents. Dans cette discussion, pour ne pas dire dans cette mise en sc&#232;ne, un seul point de vue se fait entendre. Devra-t-on se surprendre des r&#233;sultats ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous para&#238;t vital que d'autres voix se fassent entendre dans le discours &#233;conomique. C'est pourquoi le collectif du site &lt;i&gt;&#201;conomie autrement&lt;/i&gt; ouvre ses pages &#224; des contributions pouvant &#233;clairer le d&#233;bat public actuel et d&#233;mystifier la question des finances publiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://economieautrement.org/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;Dossier finances publiques 1&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement du Qu&#233;bec a amorc&#233; &#224; l'automne 2009 et poursuit jusqu'en mars prochain des consultations pr&#233;-budg&#233;taires. Un comit&#233; consultatif, pr&#233;sid&#233; par le ministre des finances Raymond Bachand et form&#233; de MM. Pierre Fortin, Robert Gagn&#233;, Luc Godbout et Claude Montmarquette publie jusqu'en f&#233;vrier 2010 diff&#233;rents documents. Mais d'ores et d&#233;j&#224;, l'objectif du gouvernement du Qu&#233;bec est le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire en 2013-14. Ces diff&#233;rents travaux mettent la table pour le prochain budget du gouvernement, qui devrait &#234;tre en mars prochain. Dans cette discussion, pour ne pas dire dans cette mise en sc&#232;ne, un seul point de vue se fait entendre. Devra-t-on se surprendre des r&#233;sultats ? En somme, au nom de saines finances publiques et de la suppos&#233;e catastrophe imminente qui s'ensuivrait, on nous pr&#233;pare &#224; des ann&#233;es de compressions dans les services publics et les programmes sociaux. Car l'enjeu actuel, au-del&#224; des questions budg&#233;taires, est l'avenir m&#234;me des services publics. &#192; Ottawa, un autre budget est en pr&#233;paration et on peut appr&#233;hender la m&#234;me tendance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous para&#238;t vital que d'autres voix se fassent entendre dans le discours &#233;conomique. C'est pourquoi le collectif du site &#201;conomie autrement ouvre ses pages &#224; des contributions pouvant &#233;clairer le d&#233;bat public actuel et d&#233;mystifier la question des finances publiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Documents gouvernementaux :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.finances.gouv.qc.ca/fr/page.asp?sectn=2&amp;contn=322' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.finances.gouv.qc.ca/fr/p&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comit&#233; consultatif :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://consultations.finances.gouv.qc.ca/media/pdf/le-quebec-face-a-ses-defis-fascicule-1.pdf' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://consultations.finances.gouv&#8230;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Accedez dir&#233;ctement aux articles sur ce sujet :&lt;/strong&gt; &lt;a href='http://www.economieautrement.org/spip.php?mot17' class='spip_out'&gt;&lt;strong&gt;CLIQUEZ ICI&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'heure juste sur la dette du Qu&#233;bec : les d&#233;plorables attaques de Harvey Mead </title>
		<link>http://economieautrement.org/spip.php?article122</link>
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		<dc:date>2010-07-20T15:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture et actualit&#233; </dc:subject>

		<description>Dans un texte du 30 juin 2010 intitul&#233; Appel aux &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes : pourquoi ne voyez-vous pas que la croissance actuelle est incompatible avec les crises &#233;cologiques et sociales ?, Harvey Mead de Nature Qu&#233;bec lance une vive attaque conte le texte intitul&#233; L'heure juste sur la dette du Qu&#233;bec, rendu public le 15 juin 2010, dont je suis l'auteur et qui est endoss&#233; par les trois centrales syndicales, CSN, CSQ et FTQ, ainsi que par le collectif &#201;conomie autrement, l'Institut de recherche en

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un texte du 30 juin 2010 intitul&#233; &lt;i&gt;Appel aux &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes : pourquoi ne voyez-vous pas que la croissance actuelle est incompatible avec les crises &#233;cologiques et sociales ?&lt;/i&gt;, Harvey Mead de Nature Qu&#233;bec lance une vive attaque conte le texte intitul&#233; &lt;i&gt;L'heure juste sur la dette du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, rendu public le 15 juin 2010, dont je suis l'auteur et qui est endoss&#233; par les trois centrales syndicales, CSN, CSQ et FTQ, ainsi que par le collectif &lt;i&gt;&#201;conomie autrement&lt;/i&gt;, l'&lt;i&gt;Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine&lt;/i&gt; (IREC) et l'&lt;i&gt;Institut de recherche et d'information socio-&#233;conomiques&lt;/i&gt; (IRIS).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mead soutient que tout mon argumentaire repose sur l'hypoth&#232;se d'une croissance du PIB devant se poursuivre selon les tendances qui ont marqu&#233; l'&#233;conomie pendant des d&#233;cennies et me reproche de ne pas tenir compte des nombreuses critiques formul&#233;es &#224; l'&#233;gard du PIB comme indicateur de cette croissance. Il dit ne pas comprendre que des &#233;conomistes &#171; h&#233;t&#233;rodoxes &#187; puissent ne pas voir la croissance (et le PIB qui la mesure) comme probl&#233;matique dans les r&#233;flexions qui motivent leur dissidence et il regrette de ne pas trouver, dans les d&#233;bats actuels sur les crises &#233;conomiques et financi&#232;res, d'indications relatives &#224; la dette &#233;cologique, ni de prise en compte des &#233;l&#233;ments de passif dans l'&#233;tablissement de bilans de notre progr&#232;s qui reposent sur le PIB. Tout en reconnaissant que mes calculs et analyses &lt;i&gt;&#171; sont tr&#232;s int&#233;ressants lorsque mis en relation avec ceux de [mes] opposants &#187;&lt;/i&gt; (entre autres du minist&#232;re des Finances), il estime que, comme eux, je poursuivrais le d&#233;bat &lt;i&gt;&#171; dans un vide th&#233;orique qui laisse perplexe &#187;&lt;/i&gt;. Il conclut en affirmant que la logique de mon texte &lt;i&gt;&#171; ne tient tout simplement pas la route, tellement le recours &#224; la croissance (du PIB) est maintenant chose du pass&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;plique &#224; ces critiques et aux points de vue que Mead m'attribue, je veux d'abord exprimer celui que je d&#233;fends depuis plus de trente ans sur la question de la croissance capitaliste et de ses cons&#233;quences, une croissance que j'envisage comme motiv&#233;e par la seule accumulation du capital, dont la finalit&#233; est la poursuite de l'enrichissement sans fin, de l'enrichissement comme fin en soi. Voici &#224; titre d'exemple un extrait d'un texte r&#233;dig&#233; en 2008 :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;i&gt;[Cette finalit&#233; de la croissance capitaliste] jette un &#233;clairage sur l'un des probl&#232;mes les plus cruciaux de notre &#233;poque, celui de la crise &#233;cologique. La course &#224; l'ab&#238;me dans laquelle l'humanit&#233; est engag&#233;e par la surconsommation des ressources jusqu'&#224; leur &#233;puisement et par la destruction de l'environnement trouve son origine dans les fondements m&#234;mes d'un syst&#232;me pouss&#233; &#224; accumuler le capital sans limites. La logique du syst&#232;me capitaliste, dont les d&#233;r&#232;glements sont enracin&#233;s dans ses fondements, donne lieu &#224; une accumulation sans &#233;gard &#224; la destination sociale des investissements. Le seul objectif est la r&#233;alisation du rendement vis&#233; et plus particuli&#232;rement, avec le tournant n&#233;olib&#233;ral des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es, du rendement &#224; court terme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cadre du capitalisme, le travail humain interagit avec la nature, non pas en tant que producteur de biens utiles, mais en tant que producteur de valeurs, dans un processus sans fin de valorisation du capital. La production de biens utiles n'a d'autre fonction que de contribuer &#224; accro&#238;tre la valeur. En un mot, elle n'est qu'un mal n&#233;cessaire pour faire de l'argent, sans consid&#233;ration des cons&#233;quences. La soci&#233;t&#233; est ainsi pouss&#233;e &#224; s'autod&#233;truire comme cons&#233;quence de son fonctionnement normal. &#192; titre d'illustration, l'exploitation effr&#233;n&#233;e des sables bitumineux de l'Alberta, propuls&#233;e par l'app&#226;t des profits p&#233;troliers, constitue non seulement le principal obstacle &#224; la contribution du Canada &#224; la n&#233;cessaire lutte mondiale contre les gaz &#224; effet de serre, mais a des incidences n&#233;gatives gigantesques, banalis&#233;es par le syst&#232;me, sur l'environnement imm&#233;diat des champs d'exploitation&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='L'analyse marxiste : un outil indispensable pour comprendre la r&#233;alit&#233; (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &lt;i&gt;&#171; incompatible avec les crises &#233;cologiques et sociales &#187;&lt;/i&gt;, comme l'exprime maladroitement le titre du texte de Mead, la croissance actuelle, comme la croissance pass&#233;e et la croissance &#224; venir, en est plut&#244;t la cause intrins&#232;que et y m&#232;ne in&#233;luctablement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis tout aussi convaincu depuis fort longtemps que le PIB est une mesure inad&#233;quate de la production, ainsi que du bien-&#234;tre et de son &#233;volution dans le temps, et j'ai le plus grand respect pour les scientifiques de divers horizons qui, depuis plusieurs ann&#233;es, r&#233;fl&#233;chissent sur la question et mettent de l'avant des perspectives en vue d'en arriver &#224; d'autres mesures. Ceci &#233;tant dit, force est de constater que de telles mesures sont encore loin d'&#234;tre &#224; port&#233;e de main et encore plus loin de se substituer au PIB comme mesure g&#233;n&#233;ralement reconnue &#224; l'&#233;chelle mondiale en tant que base d'&#233;valuation et de comparaison entre les pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Rapport de la &lt;i&gt;Commission sur la mesure des performances &#233;conomiques et du progr&#232;s social&lt;/i&gt;, dont les principaux auteurs sont Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi, fait d'ailleurs preuve d'une r&#233;serve dont Mead aurait int&#233;r&#234;t &#224; s'inspirer. Estimant qu'il est &lt;i&gt;&#171; temps que notre syst&#232;me statistique mette davantage l'accent sur la mesure du bien-&#234;tre de la population que sur celle de la production &#233;conomique, et qu'il convient de surcro&#238;t que ces mesures du bien-&#234;tre soient resitu&#233;es dans un contexte de soutenabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, le Rapport affirme que &lt;i&gt;&#171; d&#233;placer l'accent ne signifie pas d&#233;savouer les mesures du PIB et de la production &#187;&lt;/i&gt;. Il pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; Il faut, en d'autres termes, s'attacher &#224; &#233;laborer un syst&#232;me statistique qui compl&#232;te les mesures de l'activit&#233; marchande par des donn&#233;es relatives au bien-&#234;tre des personnes et des mesures de soutenabilit&#233;. Un tel syst&#232;me devra n&#233;cessairement &#234;tre de nature plurielle car il n'existe pas de mesure unique qui puisse r&#233;sumer un syst&#232;me aussi complexe que le bien-&#234;tre des membres d'une soci&#233;t&#233; ; notre syst&#232;me de mesure devra donc comporter toute une s&#233;rie d'indicateurs diff&#233;rents &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Rapport de la Commission sur la mesure des performances &#233;conomiques et du (...)' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne sera donc pas surpris de constater que les auteurs de ce rapport, ayant les deux pieds sur terre, se r&#233;f&#232;rent naturellement au PIB dans leurs interventions de tous les jours, tant pour parler de la production des divers pays que pour &#233;valuer le niveau relatif de leur dette, ce qui ne les emp&#234;che pas par ailleurs de poursuivre leurs recherches en vue d'&#233;laborer des mesures plus ad&#233;quates.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi se r&#233;f&#233;rer au PIB pour &#233;valuer la dette ? En premier lieu, parce que seule la valeur relative de la dette, en relation avec la taille de l'&#233;conomie, donne une mesure valable de son &#233;volution et permet de la comparer avec celles des autres pays. En deuxi&#232;me lieu, parce que, faute d'une meilleure mesure, le PIB demeure, &#224; l'&#233;chelle internationale, la norme de r&#233;f&#233;rence universellement employ&#233;e. L'objectif du document dont je suis l'auteur est de donner l'heure juste sur la dette du Qu&#233;bec. C'est ce qu'il s'emploie &#224; faire et c'est son seul objectif. C'est donc ce sur quoi il doit &#234;tre jug&#233;, quoiqu'on pense par ailleurs de l'opportunit&#233; d'aller de l'avant dans l'&#233;laboration d'une meilleure mesure de l'activit&#233; globale. Mead reconna&#238;t que tenir compte des critiques formul&#233;es &#224; l'endroit du PIB &lt;i&gt;&#171; n'est pas pertinent pour l'objectif vis&#233;, la critique du discours budg&#233;taire du gouvernement &#187;&lt;/i&gt;, mais, sans craindre de faire affront &#224; la logique, il soutient n&#233;anmoins que ne pas en tenir compte &lt;i&gt;&#171; rend al&#233;atoire tout le document &#187;&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mead me pr&#234;te par ailleurs des propos qui me sont compl&#232;tement &#233;trangers, en interpr&#233;tant abusivement l'illustration que je donne de la r&#233;duction sur une p&#233;riode de trente ans, gr&#226;ce &#224; la seule croissance du PIB, de l'&#233;norme dette de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. J'&#233;voquerais, selon lui, une analogie possible entre cette situation d'antan et celle d'aujourd'hui qui m'am&#232;nerait &#224; projeter sur les d&#233;cennies &#224; venir le rythme de croissance qui a marqu&#233; les d&#233;cennies pass&#233;es. Rien n'est plus &#233;tranger &#224; ma pens&#233;e et &#224; ce que j'ai &#233;crit dans &lt;i&gt;L'heure juste&lt;/i&gt;&#8230;, et il faut toute l'imagination de Mead pour me pr&#234;ter ces conjectures fantaisistes. Si l'&#233;conomie mondiale a connu un formidable essor au cours des trente ann&#233;es qui ont suivi la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, c'est qu'elle a b&#233;n&#233;fici&#233; des conditions exceptionnelles issues des immenses destructions auxquelles cette guerre a donn&#233; lieu. D&#232;s le moment o&#249; ces conditions se sont &#233;puis&#233;es, au terme de la p&#233;riode de reconstruction, on a vu rena&#238;tre les crises et r&#233;cessions p&#233;riodiques et la croissance s'est poursuivie &#224; un rythme beaucoup plus lent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le moins qu'on puisse dire est que ces conditions exceptionnelles sont loin d'exister aujourd'hui. Au contraire, la situation actuelle, on le sait, est une situation d'enfoncement toujours plus profond dans le marasme [&lt;a href='#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir mes articles : &#192; l'origine des crises : surproduction ou (...)' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Et l'&#233;conomie ne s'en sort relativement qu'en imposant d'importants reculs et un fardeau fiscal plus lourd &#224; la majorit&#233; n&#233;cessiteuse de la population, comme on vient de le voir dans plusieurs pays europ&#233;ens et comme le gouvernement du Qu&#233;bec a commenc&#233; &#224; le faire avec le dernier budget.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les propos que je tiens dans mon texte quant &#224; l'&#233;volution de la dette en lien avec la taille de l'&#233;conomie n'ont rien &#224; voir avec le portrait fauss&#233; qu'en donne Mead. Je dis simplement que le rapport de la dette au PIB diminue si le taux de croissance de la dette est inf&#233;rieur &#224; celui du PIB et que cela est possible m&#234;me avec des taux mod&#233;r&#233;s de croissance du PIB. Je l'illustre par la p&#233;riode de 1998 &#224; 2009 au cours de laquelle, malgr&#233; une augmentation de la dette de 40 milliards de dollars, le rapport de la dette au PIB a diminu&#233; de neuf points de pourcentage, de 59 % &#224; 50 %, parce que la croissance du PIB a &#233;t&#233; plus rapide que celle de la dette, m&#234;me si cette croissance a &#233;t&#233; bien moindre qu'au cours des trente ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut se demander en terminant quel but poursuit Mead ou, en tout cas, &#224; quel r&#233;sultat il parvient par une intervention comme celle-l&#224;. Lorsque le gouvernement et ses experts, pour justifier des mesures budg&#233;taires qui portent atteinte aux services publics et augmentent le fardeau fiscal de la population travailleuse, tentent de convaincre celle-ci que l'endettement public du Qu&#233;bec est exorbitant et recourent pour ce faire &#224; une d&#233;sinformation syst&#233;matique quant &#224; la taille r&#233;elle de cet endettement, la premi&#232;re t&#226;che qui est devant nous n'est-elle pas de contrer cette d&#233;sinformation et de le faire avec les outils existants, c'est-&#224;-dire les statistiques universellement utilis&#233;es ? En condamnant cette d&#233;marche comme nulle et non avenue sous pr&#233;texte qu'elle n'est pas fond&#233;e sur des mesures qu'il souhaiterait plus ad&#233;quates, Mead se place en travers de l'action collective destin&#233;e &#224; contrer les plans gouvernementaux et leur apporte ainsi un soutien &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt;. D&#233;plorable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;LISEZ LE TEXTE EN MODE PDF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;L'analyse marxiste : un outil indispensable pour comprendre la r&#233;alit&#233; contemporaine&lt;/i&gt;, 2008, disponible sur le site internet des &lt;i&gt;Classiques des sciences sociales&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Rapport de la Commission sur la mesure des performances &#233;conomiques et du progr&#232;s social&lt;/i&gt;, 2009, Recommandation 21, p. 13 ; &lt;a href='http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.stiglitz-sen-fitoussi.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Voir mes articles : &lt;i&gt;&#192; l'origine des crises : surproduction ou sous-consommation ?&lt;/i&gt;, avril 2009, et &lt;i&gt;La crise actuelle : &#233;cho des crises d'hier, pr&#233;lude des crises &#224; venir&lt;/i&gt;, octobre 2009. Ces articles sont disponibles sur les sites d'&lt;i&gt;&#201;conomie autrement&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Classiques des sciences sociales&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Appel aux &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes : Pourquoi ne voyez-vous pas que la croissance actuelle est incompatible avec les crises &#233;cologiques et sociales ? </title>
		<link>http://economieautrement.org/spip.php?article121</link>
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		<dc:date>2010-07-02T13:29:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Harvey L. Mead</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture et actualit&#233; </dc:subject>

		<description>Le document de Louis Gill sur la fa&#231;on de comprendre la dette du Qu&#233;bec [1] est pr&#233;occupant. Sans aucun questionnement, il y suit un fondement de l'&#233;conomie reconnu par ses &#171; opposants &#187; : tout son argumentaire d&#233;pend d'un recours &#224; la croissance du PIB selon les tendances connues depuis des d&#233;cennies et qui ont marqu&#233; l'&#233;conomie pendant cette p&#233;riode. &#192; aucun moment n'est-il question du sens du PIB ni des nombreuses critiques formul&#233;es &#224; l'&#233;gard de cet indicateur. Ceci n'est pas pertinent pour l'objectif

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le document de Louis Gill sur la fa&#231;on de comprendre la dette du Qu&#233;bec [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.economieautrement.org/sp&#8230; L'article est endoss&#233; par l'IRIS, l'IR&#201;C, (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;] est pr&#233;occupant. Sans aucun questionnement, il y suit un fondement de l'&#233;conomie reconnu par ses &#171; opposants &#187; : tout son argumentaire d&#233;pend d'un recours &#224; la croissance du PIB selon les tendances connues depuis des d&#233;cennies et qui ont marqu&#233; l'&#233;conomie pendant cette p&#233;riode. &#192; aucun moment n'est-il question du sens du PIB ni des nombreuses critiques formul&#233;es &#224; l'&#233;gard de cet indicateur. Ceci n'est pas pertinent pour l'objectif vis&#233;, la critique du discours budg&#233;taire du gouvernement, mais l'absence rend al&#233;atoire tout le document.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je reconnais que les &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes repr&#233;sentent une grande diversit&#233; d'orientations et de pens&#233;es. Mais je ne comprends pas pourquoi ils ne voient pas la croissance (et le PIB qui la mesure) comme fondamentale et probl&#233;matique dans les r&#233;flexions qui motivent leur &#171; dissidence &#187;. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans les d&#233;bats actuels sur les crises financi&#232;re et &#233;conomique, je ne trouve pas d'indications que les facteurs &#233;conomiques associ&#233;s &#224; la &#171; dette &#233;cologique &#187; y trouvent une place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le document de Gill montre l'int&#233;r&#234;t pour plusieurs &#233;conomistes de maintenir le lien entre le PIB et la dette, comme moyen pour fonder une approche &#224; la &#171; gestion &#187; de la dette. Tout en reconnaissant que les calculs et les analyses de Gill sont tr&#232;s int&#233;ressants lorsque mis en relation avec ceux de ses opposants au minist&#232;re des Finances (entre autres), les deux poursuivent le d&#233;bat dans un vide historique qui laisse perplexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gill commence sa section sur le poids relatif de la dette en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la situation en 1945, &#224; la sortie de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale : le poids de l'&#233;norme dette s'est &#233;vapor&#233; comme par magie avec la croissance du PIB pendant les Trente glorieuses. [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Gill, op.cit, pp.17-18 : &#171; Pour illustrer, la dette du Canada s'&#233;levait &#224; (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;] Proposer qu'il y ait analogie possible entre cette situation d'antan et celle d'aujourd'hui, apr&#232;s Trente moins glorieuses, me para&#238;t inappropri&#233;. Une telle approche oublie l'origine des crises &#233;cologiques et sociales qui se sont d&#233;velopp&#233;es pendant ces derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les critiques r&#233;centes du PIB [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir entre autres le rapport soumis par Joseph Stiglitz et Amartya Sen en (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;] mettent l'accent sur ce qui est connu de toute fa&#231;on &#224; cet &#233;gard : le PIB ne mesure pas les externalit&#233;s n&#233;gatives de la croissance, et &#8211; peu importe les difficult&#233;s qui existent sur le plan m&#233;thodologique pour les inclure dans la comptabilit&#233; nationale &#8211; il est de plus en plus &#233;vidente qu'il faut tenir compte explicitement et directement de ces externalit&#233;s dans le cadre des analyses &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les externalit&#233;s se manifestent quotidiennement maintenant dans diff&#233;rents aspects des multiples crises permanentes qui s&#233;vissent et qui, clairement, trouvent leurs causes dans notre d&#233;veloppement depuis trente (ou soixante) ans. Gill &#8211; je crois comme bon nombre d'&#233;conomistes, h&#233;t&#233;rodoxes ou n&#233;oclassiques &#8211; est &#224; l'aise avec l'id&#233;e de projeter la croissance du PIB, mais donc de l'&#233;conomie et de toutes ces activit&#233;s qui sont loin d'&#234;tre &#171; d&#233;mat&#233;rialis&#233;es &#187;, sur des d&#233;cennies &#224; l'avenir, en suivant plus ou moins le m&#234;me rythme que celui des d&#233;cennies pass&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette croissance n'aura pas lieu. Pire, elle n'a d&#233;j&#224; pas lieu, n'a pas eu lieu dans le sens positif qu'on lui attribue. Je travaille actuellement sur l'&#233;laboration d'un Indice de progr&#232;s v&#233;ritable (IPV) pour le Qu&#233;bec. Il s'agit d'un outil &#233;labor&#233; par les &#233;conomistes &#233;cologiques depuis plus de vingt ans pour essayer de tenir compte, en termes mon&#233;taires, des externalit&#233;s n&#233;gatives de notre d&#233;veloppement, ainsi que de certaines activit&#233;s non marchandes qui y contribuent de mani&#232;re importante, comme le travail non r&#233;mun&#233;r&#233;. C'est un effort de &#171; corriger &#187; le PIB lorsque ce dernier indicateur est utilis&#233; pour &#233;valuer le d&#233;veloppement. [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir la pr&#233;sentation de l'IPV pour les &#201;tats-Unis, de Redefining Progress, &#224; (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque &#233;l&#233;ment de l'IPV, voire ses fondements m&#234;mes, peuvent &#234;tre et sont questionn&#233;s. Il reste que le travail constitue au moins un appel &#224; ceux qui le critique de trouver des alternatives, une fa&#231;on r&#233;aliste et raisonnable de mesurer le co&#251;t des externalit&#233;s n&#233;gatives de la croissance, pour que le bilan de nos activit&#233;s soit un vrai bilan. Il est tout simplement &#233;tonnant, pour un non &#233;conomiste, de voir les &#233;conomistes &#233;tablir des &#171; bilans &#187; de notre progr&#232;s en ayant recours au PIB, sans reconna&#238;tre que de tels bilans n'incluent pas les passifs cl&#233;s qui sont en cause. [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir mon article sur la question &#224; http://www.economieautrement.org/sp&#8230;' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les analyses pour l'IPV que j'ai faites &#224; ce jour me paraissent fascinantes dans leurs r&#233;sultats [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir la s&#233;rie d'articles sur diff&#233;rentes composantes de l'IPV sur les sites de (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;], et m&#233;ritent au moins une r&#233;flexion de la part des &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes quant &#224; leurs implications :&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;	en foresterie, le co&#251;t de la d&#233;gradation de la for&#234;t qu&#233;b&#233;coise &#8211; un &#171; manque &#224; gagner &#187; dans son exploitation - fr&#244;le la valeur ajout&#233;e foresti&#232;re elle-m&#234;me, et si l'on ajoute l'absence de toute rente pour l'exploitation de ce capital collectif, le &#171; bilan &#187; de cette activit&#233; &#233;conomique importante pour plusieurs r&#233;gions est clairement n&#233;gatif ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;	le co&#251;t qui devrait &#234;tre attribu&#233; &#224; nos &#233;missions historiques de gaz &#224; effet de serre, suivant une m&#233;thodologie largement reconnue, monte &#224; environ 40 G$, et ce co&#251;t &#8211; notre &#171; dette &#187; envers la plan&#232;te et envers les pays pauvres - augmente rapidement, m&#234;me en pr&#233;tendant que le Protocole de Kyoto sera respect&#233; et qu'un successeur sera trouv&#233; et fonctionnera ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;	le co&#251;t des impacts des activit&#233;s agricoles est du m&#234;me ordre que la valeur ajout&#233;e agricole elle-m&#234;me, au moins, et une prise en compte de leurs incidences sociales rend le &#171; bilan &#187; n&#233;gatif dans ce secteur aussi ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;	notre approche au d&#233;veloppement minier repr&#233;sente une vente de feu, l'&#201;tat (comme presque tous les &#201;tats du globe) donnant nos ressources non renouvelables pour une pitance, et le bilan ici aussi est carr&#233;ment n&#233;gatif lorsqu'on prend en compte le co&#251;t des incitatifs mis en place pour encourager cette vente de feu ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;	le PIB attribue une valeur &#224; la production due &#224; la croissance d&#233;mographique, alors que celle-ci doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une des sources des crises actuelles, o&#249; de plus en plus d'humains consomment de plus en plus de ressources et polluent de plus en plus les &#233;cosyst&#232;mes plan&#233;taires ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt;	le co&#251;t de l'&#233;talement urbain, de la pollution de nos rivi&#232;res et de l'air de nos villes, de la perte de nos ressources halieutiques ne fait que rendre plus &#233;vident un &#171; bilan &#187; n&#233;gatif de grands pans de notre d&#233;veloppement que le PIB ne repr&#233;sente tout simplement pas.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Ces externalit&#233;s &#8211; pour le r&#233;p&#233;ter &#8211; se trouvent maintenant au c&#339;ur des multiples crises qui s&#233;vissent : crise de l'eau (peut-&#234;tre pas au Qu&#233;bec) ; crise des changements climatiques ; effondrement des p&#234;ches ; disparition de la biodiversit&#233;. &#192; ces crises &#171; environnementales &#187; - qui sont aussi sociales et &#233;conomiques - s'ajoutent des enjeux critiques pour toute planification de l'avenir, peu importe les projections de croissance suivant l'exp&#233;rience du pass&#233; : pic de p&#233;trole, dont le moment pr&#233;cis de son arriv&#233;e (et oublions les sables bitumineux comme solution au d&#233;fi) est sans importance ; d&#233;fi de l'alimentation mondiale, empir&#233; par les efforts importants des pays de l'OCDE en mati&#232;re de biocarburants et de bioproduits ; croissance d&#233;mographique importante dans les pays o&#249; la pauvret&#233; repr&#233;sente d&#233;j&#224; un probl&#232;me majeur. [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir mon article &#171; Les crises financi&#232;re et &#233;conomique : la pointe de (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est temps que les &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes r&#233;unis au sein d'&#201;conomie&lt;i&gt;autrement&lt;/i&gt; et dans d'autres instances ouvrent le d&#233;bat sur la fa&#231;on d'int&#233;grer dans leurs analyses la prise en compte des externalit&#233;s n&#233;gatives de la croissance et des crises par lesquelles elles se manifestent aujourd'hui. Il en va d'une partie importante de la pertinence de leur effort de constituer un forum permettant de pr&#244;ner un &#171; changement de la logique &#233;conomique &#187; (pour utiliser le nom d'un autre effort d'intervenir dans les d&#233;bats &#233;conomiques, le R&#233;seau CL&#201;). La logique du texte de Louis Gill ne tient tout simplement plus la route, tellement le recours &#224; la croissance (du PIB) est maintenant chose du pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;lisez l&#180;article en mode pdf&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;a href='http://www.economieautrement.org/spip.php?article120' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.economieautrement.org/sp&#8230;&lt;/a&gt; L'article est endoss&#233; par l'IRIS, l'IR&#201;C, &#201;conomieautrement, la CSN, la FTQ et la CSN.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Cf. Gill, op.cit, pp.17-18 : &#171; Pour illustrer, la dette du Canada s'&#233;levait &#224; 108 % du PIB au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, en 1945. Sans aucun remboursement, par le seul effet d'une croissance du PIB plus rapide que celle de la dette, elle avait chut&#233; &#224; 18 % du PIB trente ans plus tard, au milieu des ann&#233;es 1970. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Voir entre autres le rapport soumis par Joseph Stiglitz et Amartya Sen en 2009 au Pr&#233;sident de la France (&lt;a href='http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.stiglitz-sen-fitoussi.fr&lt;/a&gt; ) et, dans une moindre mesure, celui soumis aux Nations Unies (&lt;a href='http://www.un.org/ga/president/63/commission/financial_commission.shtml' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.un.org/ga/president/63/c&#8230;&lt;/a&gt; ), mais &#233;galement les travaux de la Commission europ&#233;enne, de l'OCDE, du Parlement europ&#233;en, du Club de Rome et le WWF dans l'initiative Beyond GDP (&lt;a href='http://www.beyond-gdp.eu/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.beyond-gdp.eu/&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Voir la pr&#233;sentation de l'IPV pour les &#201;tats-Unis, de Redefining Progress, &#224; &lt;a href='http://www.rprogress.org/sustainability_indicators/genuine_progress_indicator.htm' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.rprogress.org/sustainabi&#8230;&lt;/a&gt; pour une id&#233;e de ce qui est en cause.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Voir mon article sur la question &#224; &lt;a href='http://www.economieautrement.org/spip.php?article48' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.economieautrement.org/sp&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-6' id='nb2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Voir la s&#233;rie d'articles sur diff&#233;rentes composantes de l'IPV sur les sites de l'Agora, de Ga&#239;aPresse et de Nature Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-7' id='nb2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Voir mon article &#171; Les crises financi&#232;re et &#233;conomique : la pointe de l'iceberg &#187; &#224; para&#238;tre sous peu sur le site d'&#201;conomie&lt;i&gt;autrement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'heure juste sur la dette du Qu&#233;bec </title>
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		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie du Qu&#233;bec</dc:subject>

		<description>Pour camper le d&#233;cor en vue du budget de l'ann&#233;e 2010-2011 et convaincre la population de la n&#233;cessit&#233; des mesures assassines qu'il allait contenir, la r&#233;duction de la dette a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme une urgence nationale par le gouvernement, ses &#171; experts ind&#233;pendants &#187; et tous les partisans de la vision &#171; lucide &#187; : une dette caract&#233;ris&#233;e comme exorbitante, d&#233;coulant de d&#233;cennies de surconsommation de services publics par une population vivant au-dessus de ses moyens ; une dette dont les deux tiers seraient

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour camper le d&#233;cor en vue du budget de l'ann&#233;e 2010-2011 et convaincre la population de la n&#233;cessit&#233; des mesures assassines qu'il allait contenir, la r&#233;duction de la dette a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme une urgence nationale par le gouvernement, ses &#171; experts ind&#233;pendants &#187; et tous les partisans de la vision &#171; lucide &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;une dette caract&#233;ris&#233;e comme exorbitante, d&#233;coulant de d&#233;cennies de surconsommation de services publics par une population vivant au-dessus de ses moyens ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;une dette dont les deux tiers seraient en cons&#233;quence une &#171; mauvaise dette &#187; r&#233;sultant de d&#233;ficits budg&#233;taires cumul&#233;s au fil des ann&#233;es en raison d'exc&#232;s de d&#233;penses courantes, qualifi&#233;es de &#171; d&#233;penses d'&#233;picerie &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les moyens les plus d&#233;magogiques ont &#233;t&#233; utilis&#233;s &#224; cette fin. L'exemple le plus insultant pour l'intelligence est sans doute ce portrait de la dette augmentant chaque seconde &#224; un rythme effr&#233;n&#233;, con&#231;u par &lt;i&gt;l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al&lt;/i&gt; et pr&#233;sent&#233; sur les ondes de TVA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plus &#233;l&#233;mentaire objectivit&#233; aurait consist&#233; &#224; montrer en parall&#232;le l'&#233;volution du &lt;i&gt;Produit int&#233;rieur brut&lt;/i&gt;, dont la croissance plus rapide que celle de la dette a eu pour effet de r&#233;duire syst&#233;matiquement son rapport au PIB entre 1997 et 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plus &#233;l&#233;mentaire objectivit&#233; aurait &#233;galement consist&#233; &#224; montrer que l'augmentation relative de l'endettement du Qu&#233;bec provoqu&#233;e par la plus profonde crise depuis les ann&#233;es 1930 a &#233;t&#233; consid&#233;rablement moindre que dans la tr&#232;s vaste majorit&#233; des entit&#233;s &#233;conomiques &#224; l'&#233;chelle du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a au contraire, en recourant &#224; une application d&#233;nu&#233;e de fondement de la m&#233;thode utilis&#233;e par l'OCDE pour mesurer l'endettement de ses pays membres, consid&#233;rablement gonfl&#233; l'endettement du Qu&#233;bec et d&#233;cr&#233;t&#233; que celui-ci &#233;tait de 94,5 % du PIB en 2009, parmi les plus &#233;lev&#233;s du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour noircir encore davantage ce portrait fauss&#233; de l'endettement du Qu&#233;bec, le gouvernement n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; comparer ce chiffre de 2009 &#224; ceux de l'OCDE de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, 2008, m&#234;me si la moyenne de l'endettement des pays membres a augment&#233; de onze points de pourcentage entre 2008 et 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compte tenu de sa complexit&#233; et de la grande diversit&#233; des mani&#232;res de l'&#233;valuer, la dette est un terrain des plus fertiles pour semer la d&#233;sinformation. Et ceux qui ont int&#233;r&#234;t &#224; le faire ne s'en privent pas. L'objectif de ce document est de contrer leurs efforts et de dresser le portrait le plus complet et le plus simple possible de cette question complexe. Il comprend trois sections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re pr&#233;sente les diverses composantes et mesures de la dette du gouvernement du Qu&#233;bec : &lt;i&gt;dette brute, dette directe, dette nette, dette d&#233;coulant de l'acquisition d'immobilisations&lt;/i&gt; (la &#171; bonne dette &#187;), &lt;i&gt;dette d&#233;coulant des d&#233;ficits cumul&#233;s&lt;/i&gt; (la &#171; mauvaise dette &#187;). Elle en &#233;value l'ampleur relative et fait le parall&#232;le avec les concepts correspondants de la dette du gouvernement du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La deuxi&#232;me traite des diverses mesures de l'endettement global du Qu&#233;bec qui, en plus de celui du gouvernement comme tel, comprend ceux des entreprises du gouvernement (dont Hydro-Qu&#233;bec), des municipalit&#233;s et des r&#233;seaux de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des services sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle analyse la m&#233;thode de calcul de cet endettement global qu'utilise l'OCDE et montre que sa modification qui consiste &#224; imputer au Qu&#233;bec une portion de la dette du gouvernement du Canada est ill&#233;gitime. Elle met en lumi&#232;re les absurdit&#233;s auxquelles cette modification m&#232;ne, &#224; partir de l'exemple d'autres gouvernements de palier inf&#233;rieur comme l'Ontario au Canada et la Californie aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette section se termine par une pr&#233;sentation compar&#233;e des diverses mesures de l'endettement et des r&#233;sultats auxquels elles m&#232;nent quant &#224; son rapport au PIB.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La troisi&#232;me section porte sur la r&#233;partition de la dette entre &#171; bonne dette &#187; et &#171; mauvaise dette &#187;, l'inopportunit&#233; de son remboursement, et l'incidence d'une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et d'une baisse de la cote de cr&#233;dit octroy&#233;e par les agences de notation. Elle conclut sur une appr&#233;ciation des mesures de r&#233;sorption du d&#233;ficit du dernier budget.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'inversion incorrecte des parts attribu&#233;es dans les statistiques officielles &#224; la &#171; bonne dette &#187; et &#224; la &#171; mauvaise dette est mise en &#233;vidence &#224; partir de son origine historique dans la r&#233;forme de la comptabilit&#233; gouvernementale de 1997.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour conclure &#224; l'inopportunit&#233; de rembourser la dette, il est d&#233;montr&#233; que la r&#233;duction du rapport de la dette au PIB est bien davantage le r&#233;sultat d'une croissance du PIB plus rapide que celle de la dette, et que le co&#251;t de sa r&#233;duction est sup&#233;rieur aux &#233;conomies qui en d&#233;coulent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'ensuit que les sommes investies dans cette r&#233;duction seraient mieux utilis&#233;es si elles &#233;taient investies dans la sant&#233;, l'&#233;ducation et l'am&#233;lioration de l'&#233;conomie, et que le pr&#233;tendu conflit entre les g&#233;n&#233;rations d&#233;coulant de la dette est un mythe : le pire legs &#224; transmettre aux g&#233;n&#233;rations futures serait en effet des services publics dilapid&#233;s et des infrastructures d&#233;su&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est ensuite d&#233;montr&#233; qu'il ne faut pas c&#233;der &#224; la panique des effets d&#233;vastateurs appr&#233;hend&#233;s d'une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t ou d'une d&#233;cote du Qu&#233;bec par les agences de notation. L'incidence de telles modifications n'atteint en effet chaque ann&#233;e que les nouveaux emprunts et les renouvellements d'emprunts et ne finit par affecter l'ensemble de la dette qu'au terme de plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le document se penche enfin sur la formule &#171; perdant-perdant &#187;, retenue dans le budget 2010-2011 pour r&#233;tablir l'&#233;quilibre budg&#233;taire et freiner la croissance de la dette. En vertu de cette formule, la vaste majorit&#233; de la population, frapp&#233;e par une fiscalit&#233; r&#233;gressive et de s&#233;v&#232;res r&#233;ductions de d&#233;penses, perdra sur les deux tableaux en payant davantage pour obtenir moins de services.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il d&#233;mystifie en conclusion la croyance tenace selon laquelle les d&#233;ficits budg&#233;taires seraient toujours le r&#233;sultat d'un exc&#232;s de d&#233;penses par rapport aux revenus. Il montre qu'ils sont au contraire la cons&#233;quence de la baisse des revenus, au premier chef celle des imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s et des nantis, et que le Qu&#233;bec, qui vise &#224; r&#233;duire encore davantage les imp&#244;ts des entreprises est d'ores et d&#233;j&#224; parmi les pays o&#249; la fiscalit&#233; leur est le plus favorable [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce document reprend de mani&#232;re synth&#233;tique des r&#233;sultats que j'ai &#233;tablis dans (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;LISEZ LE TEXTE COMPLET EN MODE PDF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Ce document reprend de mani&#232;re synth&#233;tique des r&#233;sultats que j'ai &#233;tablis dans divers textes dont la liste est en annexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les hold-up de la Finance</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard &#201;lie</dc:creator>


		<dc:subject>Finance </dc:subject>

		<description>La Finance mondialis&#233;e est ma&#238;tresse du jeu devant des gouvernements incapables d'avoir une vision globale et concert&#233;e. Elle nous a men&#233;s &#224; une crise financi&#232;re d&#233;vastatrice, puis &#224; une r&#233;cession profonde. Maintenant elle se permet de sanctionner les gouvernements trop endett&#233;s, en grande partie par la faute du secteur financier, et ces derniers font payer la note &#224; leurs citoyens. Comme un chat, la Finance retombe toujours sur ses pattes et n'est jamais p&#233;nalis&#233;e pour les catastrophes qu'elle a

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Finance mondialis&#233;e est ma&#238;tresse du jeu devant des gouvernements incapables d'avoir une vision globale et concert&#233;e. Elle nous a men&#233;s &#224; une crise financi&#232;re d&#233;vastatrice, puis &#224; une r&#233;cession profonde. Maintenant elle se permet de sanctionner les gouvernements trop endett&#233;s, en grande partie par la faute du secteur financier, et ces derniers font payer la note &#224; leurs citoyens.
Comme un chat, la Finance retombe toujours sur ses pattes et n'est jamais p&#233;nalis&#233;e pour les catastrophes qu'elle a caus&#233;es. Au contraire, la Finance va b&#233;n&#233;ficier de transferts colossaux de richesse, v&#233;ritables hold-up de 2007 &#224; 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le premier hold-up&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise des hypoth&#232;ques &#224; hauts risques (les &#171; subprime &#187;) d&#233;buta en f&#233;vrier 2007. Les d&#233;fauts de paiements sur ces cr&#233;dits hypoth&#233;caires se multipli&#232;rent aux &#201;tats-Unis et provoqu&#232;rent les premi&#232;res faillites d'&#233;tablissements bancaires sp&#233;cialis&#233;s. En juin de la m&#234;me ann&#233;e, la banque d'investissement Bear Stearns, qui annon&#231;ait la faillite de deux fonds sp&#233;culatifs, sera la premi&#232;re grande banque &#224; subir les dommages de la crise du &#171; subprime &#187;. Le 16 mars 2008, la JP Morgan Chase la racheta pour une bouch&#233;e de pain avec l'aide du gouvernement Am&#233;ricain. Il fallait sauvegarder les circuits du cr&#233;dit, moteur du capitalisme. L'administration Bush va engager les ressources des contribuables et de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale (la Fed) pour sauver le syst&#232;me financier am&#233;ricain : en septembre 2008, le Tr&#233;sor am&#233;ricain esquisse les premiers &#233;l&#233;ments d'un plan de $700 milliards, baptis&#233; TARP (Troubled Asset Relief Program), qui visait &#224; retirer les actifs douteux du bilan des banques. Le taux directeur de la Fed va atteindre un plancher historique. Les &#233;tablissements financiers pourront se procurer des liquidit&#233;s &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t quasi nul et, esp&#233;rait-on, recommencer &#224; pr&#234;ter aux entreprises et aux particuliers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autres pays industrialis&#233;s [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Zorn, Lorie et Carolyn Wilkins. &#171; Mesures de soutien &#224; la liquidit&#233; mises en (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;] vont &#233;galement adopter des plans de sauvetage semblables de leur syst&#232;me financier. Les &#201;tats vont alors s'endetter pour ces op&#233;rations. Les autorit&#233;s publiques vont payer pour les d&#233;rives cupides et sp&#233;culatives de la Finance priv&#233;e. La Finance r&#233;alise son premier hold-up. Les &#233;tablissements financiers ont empoch&#233; et se font renflouer par l'&#201;tat : c'est la socialisation des pertes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le resserrement du cr&#233;dit aux entreprises et aux particuliers qui vont suivre entra&#238;nera la plus s&#233;rieuse r&#233;cession depuis la crise des ann&#233;es 1930. La mise en place par les gouvernements des plans de relance va accro&#238;tre les d&#233;ficits budg&#233;taires et les dettes publiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ressources publiques consacr&#233;es au sauvetage du syst&#232;me financier et aux plans de relance de l'&#233;conomie sont colossales &#8211; pr&#232;s de 5% du PIB mondial pour 2008-2009 [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Banque des R&#232;glements Internationaux. 79e Rapport annuel BRI, 29 juin 2009, (...)' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;] . Des milliers de milliards de dollars, plus de 3 000 milliards [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Le FMI estimait le PIB mondial &#224; 60 690 milliards de dollars des &#201;U en 2008. (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;] .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le deuxi&#232;me hold-up&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les titres de mauvaise qualit&#233; vendus &#224; travers la plan&#232;te, faussement &#233;valu&#233;s par les agences de notation plus que complaisantes, vont faire fondre les &#233;pargnes du public par la d&#233;valorisation des actifs des banques, des fonds de pensions et des autres portefeuilles. Au Qu&#233;bec, les 40 milliards de pertes de la Caisse de d&#233;p&#244;t et de placement sont encore bien pr&#233;sentes dans nos m&#233;moires. Sans oublier la d&#233;valorisation des investissements des particuliers.
Ces sommes confisqu&#233;es par le secteur financier repr&#233;sentent le deuxi&#232;me hold-up. Encore des pertes de milliers de milliards de dollars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le troisi&#232;me hold-up&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non satisfaits d'avoir &#233;t&#233; renflou&#233;s par les autorit&#233;s publiques et d'avoir vendu des titres sans valeur au public, les &#233;tablissements financiers n'en resteront pas l&#224;. Jugeant sans doute trop faibles les rendements sur les dettes publiques, ils ont voulu augmenter les taux d'int&#233;r&#234;t demand&#233;s en d&#233;cidant que certaines dettes &#233;taient trop &#233;lev&#233;es. Rappelons que les dettes des gouvernements ont augment&#233; par la gouvernance irresponsable des &#233;tablissements financiers source de la r&#233;cession que nous connaissons encore. Le recours par les gouvernements &#224; l'endettement &#233;tait d'autant plus facile que les taux d'int&#233;r&#234;t &#233;taient tr&#232;s bas, justement pour relancer le cr&#233;dit arr&#234;t&#233; par la crise financi&#232;re.
La Gr&#232;ce fut la premi&#232;re victime. D'autres viendront : l'Espagne, le Portugal, l'Italie, l'Irlande et, pourquoi pas, les &#201;tats-Unis et le Japon, les deux pays les plus endett&#233;s de la plan&#232;te. La d&#233;cision de Standard &amp; Poor's, le 27 avril dernier, de r&#233;duire la note de la dette grecque de BBB+ &#224; BB+ (de placement de qualit&#233; moyenne &#224; investissement sp&#233;culatif) a propuls&#233; l'int&#233;r&#234;t sur la dette &#224; dix ans de ce pays &#224; 12,5%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les agences de notation financi&#232;re sont le bras s&#233;culier des &#233;tablissements financiers. La ponction sur les revenus des Grecs est une bonne affaire pour les financiers. Certes, les Grecs ont certaines r&#233;formes &#224; faire, mais pas aux seuls profits de la sph&#232;re financi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les agences de notation financi&#232;re, au service du capital financier, permettent &#224; ce dernier de r&#233;aliser son troisi&#232;me hold-up. Mais ces agences ont-elles la cr&#233;dibilit&#233; qu'on leur donne ? L'&#233;chec de leur notation financi&#232;re qui a conduit &#224; la crise des &#171; subprime &#187; devrait nous faire douter de leur comp&#233;tence et de leur probit&#233; &#224; &#233;valuer aujourd'hui le risque des dettes souveraines. En effet, &#224; cette &#233;poque, les agences de notation en accordant des notes AAA &#224; des produits tr&#232;s complexes (la note de s&#233;curit&#233; maximale chez Standard &amp; Poor's) - les CDO ou Collateralised Debt Obligations, dont les PCAA (les Papiers Commerciaux Adoss&#233;s &#224; des Actifs) - ont perdu toute cr&#233;dibilit&#233;. Les agences de notation n'ont pas seulement induit en erreur les investisseurs qui ont acquis ces produits, elles ont aussi provoqu&#233; des pertes consid&#233;rables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'origine, ces agences &#233;taient au service des investisseurs. Ces derniers demandaient, contre r&#233;mun&#233;ration, &#224; ces sp&#233;cialistes de l'&#233;valuation financi&#232;re d'indiquer le niveau des risques encourus des titres sur les march&#233;s. Les investisseurs pouvaient ainsi orienter leurs placements en fonction de leur niveau d'aversion aux risques. Mais depuis plus de 30 ans, les agences de notation se sont mises au service des &#233;metteurs de titres. Ces derniers souhaitent que les produits financiers qu'ils offrent aux investisseurs soient not&#233;s le mieux possible. La transparence est devenue de plus en plus obscure. En &#233;tant pay&#233;es par les &#233;metteurs de titres, les agences perdaient leur objectivit&#233; et leur cr&#233;dibilit&#233;. Pour ne pas perdre un client, les agences sont devenus tr&#232;s complaisantes, concurrence oblige. Revoir le r&#244;le des agences de notation financi&#232;re doit &#234;tre au c&#339;ur de toute r&#233;forme des pratiques financi&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le quatri&#232;me hold-up&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour se soumettre aux exigences de rigueur des &#171; march&#233;s financiers &#187;, les gouvernements vont se lancer dans des coupures et des r&#233;ductions de programmes draconiennes. L'objectif &#233;tant de r&#233;duire les d&#233;ficits budg&#233;taires et rembourser les dettes publiques. Dans un contexte de faible reprise &#233;conomique, cette rigueur fera de nombreuses victimes sur l'autel de la Finance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les gouvernements occidentaux ont adopt&#233; cette voie d'aust&#233;rit&#233;. La Gr&#232;ce, mais aussi l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et le Qu&#233;bec y sont bien engag&#233;s. R&#233;tablir les finances publiques par la r&#233;duction des d&#233;penses et l'augmentation des taxes et des tarifs (le principe de l'utilisateur payeur) sont les mots d'ordre. Cependant, il ne faudrait surtout pas r&#233;aliser le retour &#224; l'&#233;quilibre par des augmentations des imp&#244;ts sur les revenus des particuliers et des entreprises. Le cas de la Californie repr&#233;sente bien les cons&#233;quences de ces politiques de rigueur dont Stephen Harper s'est fait l'ap&#244;tre pour le prochain G8-G20. Priv&#233; de recettes fiscales suffisantes, l'&#201;tat d'Arnold Schwarzenegger doit encore une fois se serrer la ceinture pour r&#233;duire son d&#233;ficit de plus de 19 milliards. Les budgets sociaux, d&#233;j&#224; bien malmen&#233;s, seront encore amoindris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le prochain front sera celui des r&#233;gimes de retraites. D&#233;j&#224; dans le secteur priv&#233;, les r&#233;gimes &#224; cotisation d&#233;termin&#233;e remplacent de plus en plus les r&#233;gimes &#224; prestation d&#233;termin&#233;e. Les r&#233;gimes &#224; cotisation d&#233;termin&#233;e permettent de reporter les risques des placements aux cotisants : les revenus de retraites varieront en fonction des rendements obtenus. Des mauvais placements donneront de mauvaises prestations de retraite. Dans les r&#233;gimes &#224; prestation d&#233;termin&#233;e les risques sont &#224; la charge de l'employeur. En cas de d&#233;ficit de la caisse de retraite, l'employeur doit combler le d&#233;ficit, les travailleurs sont assur&#233;s d'obtenir la prestation pr&#233;vue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans deux semaines, le G20 va-t-il &#224; &#233;tablir des r&#232;gles pour r&#233;guler la Finance mondialis&#233;e ? Des r&#232;gles pr&#233;ventives, en amont, qui devront pr&#233;venir d'autres crises financi&#232;res. La taxe sur les banques, d&#233;j&#224; abandonn&#233;e comme mesure universelle, n'&#233;tait qu'une mesure en aval.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les chefs d'&#201;tat du G20 vont-ils &#233;couter Mark Carney, Gouverneur de la Banque du Canada, qui concluait dans une conf&#233;rence : &lt;i&gt;&#171; En conclusion, je dirai que le syst&#232;me financier, apr&#232;s s'&#234;tre autoproclam&#233; centre de l'activit&#233; &#233;conomique, doit graduellement reprendre son r&#244;le de serviteur de l'&#233;conomie r&#233;elle &#187;&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Mark Carney au Rendez-vous avec l'Autorit&#233; des march&#233;s financiers, Montr&#233;al, (...)' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;]
.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; bient&#244;t, si vous le voulez bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Bernard &#201;lie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Professeur associ&#233;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;partement des sciences &#233;conomiques&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 14 juin 2010&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;LISEZ LE TEXTE EN MODE PDF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-1' id='nb4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Zorn, Lorie et Carolyn Wilkins. &#171; Mesures de soutien &#224; la liquidit&#233; mises en &#339;uvre par la Banque du Canada en r&#233;action &#224; la tourmente financi&#232;re &#187;, Revue de la Banque du Canada, automne 2009. Voir en particulier l'annexe 2, &#171; Mesures adopt&#233;es par le gouvernement f&#233;d&#233;ral en r&#233;ponse &#224; la crise financi&#232;re &#187;, p 23.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-2' id='nb4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Banque des R&#232;glements Internationaux. 79e Rapport annuel BRI, 29 juin 2009, chapitre VII, p 150. (&#171; http:// &lt;a href='http://www.bis.org/publ/arpdf/ar2009_fr.htm' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;www.bis.org/publ/arpdf/ar200&#8230;&lt;/a&gt; &#187;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-3' id='nb4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Le FMI estimait le PIB mondial &#224; 60 690 milliards de dollars des &#201;U en 2008. &#171; Perspectives de l'&#233;conomie mondiale &#187;, avril 2009, p 205 dans ses &#171; &#201;tudes &#233;conomiques et financi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-4' id='nb4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Mark Carney au Rendez-vous avec l'Autorit&#233; des march&#233;s financiers, Montr&#233;al, le 26 octobre 2009. (&#171; &lt;a href='http://www.banqueducanada.ca/fr/discours/2009/disc261009.html' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.banqueducanada.ca/fr/dis&#8230;&lt;/a&gt; &#187;, p.8)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gr&#232;ce : la vraie faille de l'Europe est sociale, pas &#233;conomique</title>
		<link>http://economieautrement.org/spip.php?article117</link>
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		<dc:date>2010-05-27T16:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Barbier (auteur invit&#233;)</dc:creator>


		<dc:subject>International - Mondialisation </dc:subject>

		<description>Jean-Claude Barbier [1] Il faut sans nul doute louer, avec modestie, l'action des nombreuses personnes qui, dans les milieux politiques et &#233;conomiques, s'efforcent de contrer, au nom du bien public europ&#233;en, la m&#233;canique internationale de destruction de ce m&#234;me bien public par les march&#233;s. Ceux-ci se sont attaqu&#233;s &#224; la Gr&#232;ce, avant de s'attaquer au Portugal, &#224; l'Espagne, et, peut-&#234;tre bient&#244;t, &#224; l'Irlande, &#224; la France et &#224; l'Italie. Il faut aussi appr&#233;cier &#224; leur juste valeur les objurgations tout &#224; fait

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean-Claude Barbier [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Directeur de recherche CNRS au Centre d'&#233;conomie de la Sorbonne (Paris (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut sans nul doute louer, avec modestie, l'action des nombreuses personnes qui, dans les milieux politiques et &#233;conomiques, s'efforcent de contrer, au nom du bien public europ&#233;en, la m&#233;canique internationale de destruction de ce m&#234;me bien public par les march&#233;s. Ceux-ci se sont attaqu&#233;s &#224; la Gr&#232;ce, avant de s'attaquer au Portugal, &#224; l'Espagne, et, peut-&#234;tre bient&#244;t, &#224; l'Irlande, &#224; la France et &#224; l'Italie. Il faut aussi appr&#233;cier &#224; leur juste valeur les objurgations tout &#224; fait respectables qui &#233;manent, dans plusieurs &#201;tats membres, d'hommes et de femmes politiques au pass&#233; pro-europ&#233;en inattaquable : ils ont raison de marteler qu'aucun pays de l'Union ne peut s'en sortir seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il faut aussi &#234;tre r&#233;aliste et il y a les faits qu'une sociologie &#233;l&#233;mentaire enseigne : la crise actuelle n'est &#233;conomique, mon&#233;taire et financi&#232;re &lt;i&gt;qu'en surface&lt;/i&gt;. Le probl&#232;me de fond est ailleurs. Il tient dans l'absence d'un espace de discussion entre les peuples de l'Union europ&#233;enne &#224; propos de la solidarit&#233;. On a beau railler le pr&#233;tendu &#171; populisme &#187; de la presse allemande de grande diffusion, quelle facilit&#233; de se moquer du &lt;i&gt;Spiegel&lt;/i&gt;, ce journal si peu recommandable ! Il n'en reste pas moins qu'un salari&#233; allemand doit &#234;tre l&#233;gitimement entendu quand il pose la question de savoir si les pr&#234;ts ou d&#233;penses que son pays peut faire pour aider un autre pays de l'Union sont justifi&#233;s au regard de la justice sociale. Il est aussi parfaitement l&#233;gitime quand il compare l'&#226;ge de la retraite dans son pays et en Gr&#232;ce. Et en Italie. Et en France, etc&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &#171; crise grecque &#187; est l'autre nom de la crise de ce qu'il est convenu d'appeler &#171; l'Europe sociale &#187;. Elle pr&#233;sente un avantage paradoxal : elle politise, &#224; l'&#233;chelle de l'Europe, les questions de la justice sociale, en les faisant sortir de leur cadre purement national. De ce point de vue, les &#233;v&#233;nements actuels viennent s'ajouter aux d&#233;bats d&#233;clench&#233;s par le r&#233;f&#233;rendum irlandais, ou encore la Directive Services (dite &#171; Bolkestein &#187;, le projet de 2004). Graduellement, les enjeux de la solidarit&#233; de la protection sociale &#233;mergent, quoique bien timidement, sur la place publique. Le probl&#232;me est que cette place publique, ce que J. Habermas d&#233;signe comme l'&lt;i&gt;&#214;ffentlichkeit&lt;/i&gt;, est fragment&#233;e par les langues nationales. Le peu de d&#233;bat authentiquement trans-national ne peut alors passer que par l'anglais international&#8230;Pourtant, on peut y voir un progr&#232;s, m&#234;me si Allemands et Grecs, Fran&#231;ais et Espagnols ne peuvent encore se parler que par le truchement des m&#233;dias quand ils traduisent &#8211; et caricaturent, souvent &#8211; les d&#233;bats chez &#171; l'Autre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le grand gouffre au-dessus duquel se d&#233;roule l'&#233;change confus actuel est celui d'un d&#233;bat jamais men&#233;, &#224; savoir celui de la possibilit&#233; de solidarit&#233; entre les peuples de l'Union europ&#233;enne (non pas entre les banquiers ni les banques, ni les &#233;lites intellectuelles et politiques, je dis bien les citoyennes et les citoyens europ&#233;ens) : quelles sont les conditions de ce d&#233;bat d&#233;mocratique ? Il ne s'agit pas d'une question &#233;conomique d'abord, mais d'une question politique et sociale. Pourquoi laissons-nous en effet aujourd'hui, nous Fran&#231;ais ou nous Britanniques, les Espagnols ou les Irlandais seuls pour se d&#233;brouiller avec les cons&#233;quences de la crise &#233;conomique ? Alors que M. Trichet, &#224; la t&#234;te de la Banque Centrale europ&#233;enne consid&#233;rait comme &#171; humiliant &#187; qu'on &#233;voque le recours au FMI, comment se fait-il que ce m&#234;me recours, en Lettonie, en Roumanie et en Hongrie, n'ait d&#233;clench&#233; chez lui la moindre trace d'une &#171; humiliation &#187; ? Quel Fran&#231;ais se pr&#233;occupe-t-il de payer les retraites des Allemands ou des Lettons ? Pourquoi l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite est-il une affaire nationale ? Pourquoi le revenu minimum universel en Europe est-il une chim&#232;re dangereuse [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir sur ce point La longue marche vers l'Europe sociale, PUF, (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;] ? Pourquoi la protection sociale des immigrants &#233;trangers est-elle un sujet br&#251;lant dans tous les pays membres de l'Union ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ces points convergent vers une question fondamentale, celle d&lt;i&gt;es fronti&#232;res de la solidarit&#233;&lt;/i&gt;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on n'a &#8211; faute de mieux &#8211; pas trouv&#233; de fa&#231;on d'organiser cette solidarit&#233; et ce consensus toujours provisoires &#224; propos d'une justice sociale relative &#8211; autrement que dans le cadre national ou infranational. La question est au c&#339;ur du d&#233;bat &#224; propos de la Gr&#232;ce &#8211; pour le coup un vrai d&#233;bat trans-europ&#233;en, m&#234;me s'il est encore &#233;troitement segment&#233;. Elle ne sera pas r&#233;solue rapidement, c'est le moins qu'on puisse dire, mais elle ne peut dispara&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La fa&#231;on dont les &#233;conomistes et les journalistes discutent du cas de la Gr&#232;ce, ainsi que nous tous, en tant que citoyens, d'ailleurs, est symptomatique des fondements politiques et moraux, et indistinctement culturels-politiques, de la question pos&#233;e par les pr&#234;ts &#224; la Gr&#232;ce. De fa&#231;on dominante, le discours est en effet moral et punitif : &#171; les Grecs &#187; - comme s'ils repr&#233;sentaient une entit&#233; homog&#232;ne &#8211; ont, dit-on, &#171; trich&#233; &#187;, il faut les punir. Ils ont &#171; v&#233;cu au-dessus de leurs moyens &#187;, ils ont &#171; profit&#233; &#187;. D'autre part, les jugements moraux sont appliqu&#233;s &#224; l'Allemagne : l'Allemagne, pr&#233;tend le sociologue Ulrich Beck dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (10 avril 2010), est repli&#233;e sur elle-m&#234;me, elle devrait se mettre en t&#234;te l'&#171; imp&#233;ratif cosmopolitique &#187;, que le sociologue d&#233;fend depuis plusieurs ann&#233;es. Les pays europ&#233;ens devraient abandonner &#171; le nationalisme r&#233;ciproque &#187;. Ces jugements moraux restent vains s'ils ne posent pas la question des conditions de possibilit&#233; d'un d&#233;passement solidaire &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Ce sont ces conditions qu'il faut imaginer, du moins si l'on prend au s&#233;rieux la question plut&#244;t que de manier des concepts proph&#233;tiques creux, et ces conditions sont indistinctement politiques et culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les innombrables citoyennes et citoyens d'Europe qui pensent encore &#8211; &#224; juste titre, &#224; mon avis &#8211; que la construction europ&#233;enne est un projet qui a de l'avenir le savent bien. Ils savent aussi qu'ils sont minoritaires partout. Et qu'il est plus que temps d'approfondir le d&#233;bat sur une mutualisation plus forte des syst&#232;mes de protection sociale dans l'Union. Mais tous ceux qui se mobilisent, en apprenant et en parlant plusieurs langues, en &#233;tant &#224; l'&#233;coute des diff&#233;rences de leurs concitoyens de l'autre c&#244;t&#233; de telle ou telle fronti&#232;re, savent aussi la patience, le s&#233;rieux approfondi qu'il faut utiliser quand on parle &#224; partir d'une culture politique avec une interlocutrice d'une autre culture politique. La solidarit&#233; est une &#339;uvre de longue haleine, bien plus difficile que l'euro, qui n'est d&#233;j&#224; pas un projet facile, on le voit ces jours de temp&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, ces consid&#233;rations sociologiques appara&#238;tront au lecteur comme de faible port&#233;e dans le travail de court terme : l'urgent, c'est l'extinction de l'incendie des march&#233;s &#224; quoi travaillent les responsables, avec l'expertise &#233;conomique. Mais l'&#233;conomie a aussi des fondements politiques et culturels, qui ne devraient pas rester ignor&#233;s des &#233;lites politiques et &#233;conomiques qui nous gouvernent. Ces derni&#232;res ne peuvent esp&#233;rer contourner la difficult&#233;, qui ne va cesser de se poser de plus en plus crucialement, m&#234;me apr&#232;s que &#171; la Gr&#232;ce &#187; aura &#233;t&#233;, temporairement &#171; sauv&#233;e &#187;, notamment gr&#226;ce au FMI. Plut&#244;t que de continuer d'entonner un discours creux sur la &#171; solidarit&#233; europ&#233;enne &#187; dont la Commission europ&#233;enne et son pr&#233;sident sont devenus des adeptes comp&#233;tents, plut&#244;t que de gaspiller l'argent des contribuables europ&#233;ens en &#171; communication politique &#187; &#224; laquelle personne ne croit, ils devraient enfin prendre &#224; bras le corps la question du rapprochement des cultures. Il en va, au premier plan, de l'europ&#233;anisation authentique et profonde de l'&#233;ducation. Pas seulement sous la forme de l'apprentissage d'un anglais international sans contenu significatif, mais sous la forme de la promotion active du multilinguisme et des &#233;changes entre les peuples. Et de l'apprentissage r&#233;ciproque des histoires compliqu&#233;es de nos pays, d&#232;s le plus jeune &#226;ge, &#224; la fa&#231;on du &lt;i&gt;Manuel franco-allemand d'histoire&lt;/i&gt; des classes de 1&#232; et Terminale. Et cet effort, ces politiques culturelles europ&#233;ennes dont on mesure aujourd'hui la cruelle absence, doivent concerner au premier chef parmi nos concitoyens europ&#233;ens, ceux et celles qui sont trop pauvres, ou trop peu dot&#233;s de ressources diverses, comme l'&#233;ducation, la culture, pour avoir pu profiter de la construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces concitoyens, condamn&#233;s &#224; l'immobilit&#233; par l'in&#233;galit&#233; criante de leurs ressources n'ont pas profit&#233; de l'euro : ils ne voyagent pas. Les Grecs parmi eux, et nous bient&#244;t, paient aujourd'hui les frais d'une gestion collective d&#233;ficiente. C'est injuste. Ils paient et nous paierons, par l&#224; m&#234;me, les cons&#233;quences du m&#233;pris de la diversit&#233; culturelle en Europe, et du classement comme &#171; populistes &#187;, par les &#233;lites, de toutes les manifestations d'inqui&#233;tude et de frustrations des citoyens europ&#233;ens qui n'ont profit&#233; d'aucune de ces quatre fameuses &#171; libert&#233;s fondamentales de circulation &#187; : la circulation des marchandises, des personnes, des capitaux et des services.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lundi 3 mai 2010&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean-Claude Barbier, directeur de recherche, CNRS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Centre d'&#233;conomie de la Sorbonne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on Sorbonne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;106 Boulevard de l'H&#244;pital&lt;/p&gt; &lt;p&gt;75647 Paris Cedex 13&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;LISEZ LE TEXTE EN MODE PDF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-1' id='nb5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Directeur de recherche CNRS au Centre d'&#233;conomie de la Sorbonne (Paris 1).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-2' id='nb5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Voir sur ce point La longue marche vers l'Europe sociale, PUF, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jalons vers un monde possible. Redonner des racines &#224; la d&#233;mocratie, Editions du Bord de l'eau, avril 2010.</title>
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		<dc:date>2010-05-12T21:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Coutrot (auteur invit&#233;)</dc:creator>


		<dc:subject>Conjoncture et actualit&#233; </dc:subject>

		<description>L'introduction de cet ouvrage est publi&#233;e sur ce site avec l'aimable autorisation de l'&#233;diteur. Jalons vers un monde possible Redonner des racines &#224; la d&#233;mocratie Introduction Pour des utopies r&#233;alistes Ce monde est en train de devenir impossible. Nous vivons une triple crise - sociale, &#233;cologique et g&#233;opolitique &#8211; qui pose la question du &#171; vivre ensemble &#187; sur notre plan&#232;te. Spectateurs fascin&#233;s, nous assistons &#224; l'effondrement au ralenti - avec des &#233;pisodes de brutale acc&#233;l&#233;ration - d'un monde absurde.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'introduction de cet ouvrage est publi&#233;e sur ce site avec l'aimable autorisation de l'&#233;diteur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Jalons vers un monde possible
Redonner des racines &#224; la d&#233;mocratie&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pour des utopies r&#233;alistes&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Ce monde est en train de devenir impossible. Nous vivons une triple crise - sociale, &#233;cologique et g&#233;opolitique &#8211; qui pose la question du &#171; vivre ensemble &#187; sur notre plan&#232;te. Spectateurs fascin&#233;s, nous assistons &#224; l'effondrement au ralenti - avec des &#233;pisodes de brutale acc&#233;l&#233;ration - d'un monde absurde. Les puissants font semblant de comprendre et de ma&#238;triser ce qui leur &#233;chappe. Les partis semblent ne pas voir plus loin que la prochaine &#233;lection. Les mouvements sociaux sont d&#233;fensifs, &#233;clat&#233;s, d&#233;sorient&#233;s. Les id&#233;ologues conservateurs, un moment revigor&#233;s par l'aubaine du 11 septembre 2001, se drapent toujours dans la d&#233;fense de la libert&#233; et des droits de l'homme menac&#233;s par la &#171; guerre des civilisations &#187;. Cachant de plus en plus mal leur &#171; haine de la d&#233;mocratie &#187;, ils invoquent jusqu'&#224; sati&#233;t&#233; le fant&#244;me du totalitarisme pour interdire de penser de nouvelles avanc&#233;es de la libert&#233;. La longue marche de l'&#233;mancipation humaine serait termin&#233;e. L'&#233;puisement du projet des Lumi&#232;res et l'&#233;chec du projet communiste nous condamneraient &#224; une modeste politique du moindre mal. Envisager un projet &#233;mancipateur pour le XXIe si&#232;cle, qui monterait sur les &#233;paules de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, ne pourrait d&#233;boucher que sur le cauchemar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est temps de se d&#233;barrasser de cette id&#233;ologie de la r&#233;signation. La civilisation est arriv&#233;e &#224; un carrefour. Est-il r&#233;aliste de parier sur le &#171; capitalisme vert &#187; ? Son &#233;chec, dont je montrerai qu'il est probable, risque d'ouvrir la voie &#224; des r&#233;gressions barbares et &#224; l&#8216;&#233;cofascisme. Pour faire face &#224; l'implosion catastrophique du capitalisme productiviste, nous &#8211; j'essaierai d'&#233;claircir qui est ce &quot; nous &quot; &#8211; avons absolument besoin d'un projet. Un projet d'&#233;mancipation, c'est l'&#233;v&#232;nement suivant : &#171; des hommes et des femmes r&#233;unis disent ensemble : &quot;voici le genre de vie en soci&#233;t&#233; qui nous convient&quot;, et ils tentent de le faire advenir. [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='footnote' title='J.L. Sagot-Duvauroux, http://www.emancipation-blog.net/in&#8230;' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;] &#187; . Un projet, ce n'est ni une maquette de la soci&#233;t&#233; id&#233;ale, ni un passeport pour le goulag : c'est une carte, une boussole et une m&#233;thode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un carrefour se pr&#233;sente devant nous, il nous faut donc une carte. Nous devons mieux comprendre comment les forces sociales (le capital, l'&#201;tat, la technoscience) qui organisent cette mondialisation ont construit et jusqu'&#224; pr&#233;sent pr&#233;serv&#233;, m&#234;me au plus fort de la crise, leur h&#233;g&#233;monie sur la soci&#233;t&#233;. Il nous faut aussi et surtout identifier les ressources dont les domin&#233;s disposent pour &#233;branler cette domination. Disons d'embl&#233;e le point de vue ici d&#233;fendu : la ressource essentielle des domin&#233;s est la politique d&#233;mocratique, le seul pouvoir de ceux qui n'ont pas de pouvoirs. La crise de la repr&#233;sentation est aujourd'hui patente : coupure entre la population et les &#233;lites politiques, d&#233;clin de la participation &#233;lectorale, mont&#233;e des droites autoritaires&#8230; La d&#233;mocratie s'&#233;tiole &#224; demeurer confin&#233;e dans les limites &#233;troites du r&#233;gime repr&#233;sentatif. Le principe d&#233;mocratique est autrement plus ambitieux : il demande que chacun puisse participer activement aux d&#233;cisions qui le concerne, dans tous les domaines, de l'&#201;tat &#224; l'&#233;conomie en passant par la famille, l'&#233;ducation, la culture, la religion&#8230; La d&#233;mocratie d&#233;borde sans cesse les pouvoirs institu&#233;s. Elle est le gouvernement de ceux qui n'ont aucun titre &#224; gouverner, le &#171; gouvernement de n'importe qui &#187; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Jacques Ranci&#232;re, La haine de la d&#233;mocratie, La Fabrique, 2006' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;] selon la formule scandaleuse de Jacques Ranci&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons aussi besoin d'une boussole, qui pointe dans une &#171; direction de d&#233;veloppement &#187; de l'humanit&#233; [&lt;a href='#nb6-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Axel Honneth, La lutte pour la reconnaissance, Cerf, 2007, p. (...)' id='nh6-3'&gt;3&lt;/a&gt;] &#8211; comme celle de l'autonomie individuelle et collective dont parlait Corn&#233;lius Castoriadis, ou celle de la reconnaissance authentique et mutuelle qu'&#233;voque Axel Honneth. Une direction qui mette au jour ce que pourraient &#234;tre les principes du vivre ensemble dans une soci&#233;t&#233; d'autonomie, o&#249; chacun pourrait acc&#233;der &#224; une vie d&#233;cente, et qui pr&#233;serverait les conditions de cette vie pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir. Un r&#233;cit qui pourrait stimuler l'imaginaire collectif, comme le r&#233;cit des Lumi&#232;res (le &#171; progr&#232;s &#187; et la &#171; modernit&#233; &#187;) ou celui du communisme (la &#171; soci&#233;t&#233; sans classes &#187; et le &#171; d&#233;p&#233;rissement de l&#8216;Etat &#187;) l'ont formidablement fait par le pass&#233;, alors que le r&#233;cit du &#171; d&#233;veloppement durable &#187; semble aujourd'hui condamn&#233; &#224; l'&#233;chec du fait des ambigu&#239;t&#233;s m&#234;me qui ont fait initialement son succ&#232;s, et que celui, &#233;mergent, de la &#171; d&#233;croissance &#187; a l'inconv&#233;nient majeur de se construire sur une n&#233;gation. Il me semble que ce r&#233;cit pourrait au contraire se construire autour d'une affirmation centrale : il faut d&#233;mocratiser les rapports sociaux. Par leur intervention directe dans les affaires publiques, d&#232;s ici et maintenant, les citoyens prennent en main la d&#233;fense et la construction des biens communs de l'humanit&#233;, conditions de la pr&#233;servation d'un monde vivable. La mise en actes de ce r&#233;cit n'est port&#233;e par aucune n&#233;cessit&#233; historique, ne refl&#232;te aucune logique sociale immanente : elle ne peut r&#233;sulter que d'un choix politique collectif et conscient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons enfin besoin d'une m&#233;thode : pour construire la convergence des innombrables mouvements sociaux, pour que la soci&#233;t&#233; civile d&#233;mocratique puisse s'articuler, se poser en acteur collectif malgr&#233; (et gr&#226;ce &#224;) son infinie diversit&#233;, pour transformer les rapports de force sociaux, pour stopper la course &#224; la catastrophe [&lt;a href='#nb6-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Isabelle Stengers, Le temps des catastrophes. Pour conjurer la barbarie qui (...)' id='nh6-4'&gt;4&lt;/a&gt;] et faire bifurquer notre histoire collective dans une direction soutenable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne d&#233;crirai pas les origines et le d&#233;roulement de la crise globale commenc&#233;e en 2008 ; d'autres l'ont fait, et bien fait [&lt;a href='#nb6-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Attac (sous la direction de Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon), (...)' id='nh6-5'&gt;5&lt;/a&gt;] . Fin 2009, les m&#233;dias se r&#233;jouissaient du rebond de la croissance, et annon&#231;aient la &#171; sortie de crise &#187;. Reprise en peau de lapin, bien s&#251;r : les banques sont encore gav&#233;es de titres pourris qu'elles ont cru pouvoir cacher sous le tapis ; les m&#233;nages freinent leur consommation pour payer leurs dettes ; les entreprises r&#233;duisent leurs investissements ; les &#201;tats aussi, mais surtout gonflent de fa&#231;on extravagante leurs d&#233;ficits et leur dette ; de nouvelles bulles financi&#232;res commencent &#224; gonfler, sur les mati&#232;res premi&#232;res, les march&#233;s des &#171; droits &#224; polluer &#187;&#8230; Le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; sociale s'aggravent &#224; nouveau dramatiquement, et gangr&#232;nent la soci&#233;t&#233;. Les gouvernants font mine de s'en prendre aux paradis fiscaux ou aux traders, pour mieux pr&#233;server les fondements de l'emprise de la finance : la libre circulation des capitaux et des marchandises, le pouvoir des actionnaires. La crise sera longue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'offrirai pas non plus un catalogue de mesures pour sortir de cette crise globale, ni &#233;videmment un projet d'&#233;mancipation pour le XXIe si&#232;cle. Mais le caract&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent de cette crise nous oblige &#224; d&#233;gager, de l'exp&#233;rience des &#233;checs du pass&#233; et des mouvements actuels de la soci&#233;t&#233;, quelques jalons pour explorer de nouveaux chemins, des utopies r&#233;alistes. Les trois premiers chapitres posent les questions de la finance, de l'&#233;cologie et de l'emploi. La monnaie, la terre et le travail : ces trois piliers des soci&#233;t&#233;s modernes que le capitalisme veut d&#233;socialiser et transformer en pures marchandises, rendant ainsi impossible la vie en soci&#233;t&#233;, comme l'a montr&#233; Karl Polanyi dans &#171; La Grande Transformation &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour re-socialiser ces trois &#233;l&#233;ments, il faut un acteur - un sujet r&#233;volutionnaire - , et une strat&#233;gie politique de long terme. J'indique une piste sur la question du sujet (chapitre 4), avant de proposer d'autres balises pour la d&#233;mocratisation de l'Etat (chapitre 5), de l'&#233;conomie (chapitre 6). Je montre pourquoi l'alternative r&#233;forme / r&#233;volution doit &#234;tre d&#233;pass&#233;e, les deux &#233;tant indissociables (chapitre 7), avant d'esquisser les voies d'une possible articulation entre luttes locales et globales (chapitre 8). La transformation sociale est en panne d'imaginaire. Traumatis&#233;e, la gauche n'ose plus imaginer de nouvelles utopies. Je m'appuie ici sur une m&#233;thode de l'utopie r&#233;aliste qui consiste &#224; d&#233;celer des tendances &#233;mancipatrices &#224; l'&#339;uvre dans les mouvements r&#233;els de la soci&#233;t&#233;, et &#224; chercher comment on pourrait les pousser plus loin. Il s'agit de faire m&#251;rir la soci&#233;t&#233; future au sein m&#234;me de la soci&#233;t&#233; actuelle, sans attendre mais en acc&#233;l&#233;rant la venue des n&#233;cessaires ruptures. De revivifier le d&#233;bat sur les alternatives au capitalisme dans la perspective de la construction des biens communs de l'humanit&#233;, sans faire de la r&#233;volution un pr&#233;alable incantatoire. Le communisme visait l'extinction de la politique, le passage &#171; du gouvernement des hommes &#224; l'administration des choses &#187;. Le socialisme, &#233;tape suppos&#233;e n&#233;cessaire, se d&#233;finissait comme la propri&#233;t&#233; collective &#8211; en pratique, la propri&#233;t&#233; &#233;tatique &#8211; des moyens de production. L'Histoire nous l'a rappel&#233; : qui veut faire l'ange fait la b&#234;te. Viser l'extinction de l'&#201;tat, et commencer par s'en remettre &#224; lui, a &#233;t&#233; une co&#251;teuse erreur strat&#233;gique. Bernstein, un des th&#233;oriciens du socialisme au d&#233;but du XXe si&#232;cle, avait raison de dire : &#171; le but final n'est rien, le mouvement est tout &#187;. Car de but final, il n'y en a pas &#8211; et certainement pas celui d'une soci&#233;t&#233; apais&#233;e, r&#233;concili&#233;e avec elle-m&#234;me, qui verrait l'extinction de la politique. Mais le mouvement, il y a longtemps &#8211; au moins vingt-cinq si&#232;cles &#8211; que des femmes et des hommes s'y sont engag&#233;s : c'est celui de la d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233; &#8211; de l'&#201;tat comme de l'&#233;conomie &#8211; par l'intervention autonome et permanente des citoyens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Table des mati&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PR&#201;FACE :
DES JALONS SUR DE NOUVELLES PISTES
PAR JEAN-MARIE HARRIBEY&lt;/p&gt; &lt;p&gt;INTRODUCTION
POUR DES UTOPIES R&#201;ALISTES&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 1
R&#201;GULER LA FINANCE, OU LA SOCIALISER ?
A la rescousse de la finance ?
La fusion de l'Etat et du capital financier
Des verrous dans les t&#234;tes et dans les institutions
Les premi&#232;res fissures du bloc n&#233;olib&#233;ral
La &#171; rue &#187; doit gouverner
Mettre les banques sur la place publique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 2
PEUT-ON REPEINDRE EN VERT LE CAPITALISME ?
Les limites de la croissance
Le mirage du n&#233;olib&#233;ralisme vert
Vers un New Deal vert ?
Condamn&#233;s &#224; la croissance ?
L'&#233;cologie par le march&#233;
L'arnaque du &#171; d&#233;veloppement propre &#187;
Du march&#233; vert au plan &#233;cologique
L'instabilit&#233; du compromis social-&#233;cologique
Repenser la performance &#233;conomique
Construire les biens communs&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 3
LE TRAVAIL D&#201;CENT : UN BIEN COMMUN
Le travail &#224; l'agonie
Le travail sans qualit&#233;
La mutilation du pouvoir d'agir
Faits comme des rats
Construire le travail d&#233;cent comme bien commun
Un autre monde est d&#233;j&#224; l&#224;
Prendre le capital en tenaille
Les cinq cl&#233;s de la mobilisation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 4
PEUPLE, PROL&#201;TARIAT, SOCIETE CIVILE ?
La longue marche d'un concept controvers&#233;
Face aux pouvoirs monopolis&#233;s
Du Ku Klux Klan au MLF
Post-marxisme
Soci&#233;t&#233; civile et d&#233;mocratie
Des luttes d&#233;mocratiques &#224; la lutte populaire
Reconstruire un imaginaire de l'&#233;mancipation&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 5
D&#201;MOCRATISER l'&#201;TAT : LA SOCIALISATION DE LA POLITIQUE
Election contre d&#233;mocratie
Subvertir la repr&#233;sentation
R&#233;habiliter le tirage au sort
La comp&#233;tence des incomp&#233;tents
Construire des &#233;l&#233;ments d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral
D&#233;mocratiser la soci&#233;t&#233; civile&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 6
D&#201;MOCRATISER L'&#201;CONOMIE : LA SOCIALISATION DU MARCH&#201;
Le march&#233; et ses vices
Abolir le march&#233; ?
La socialisation du march&#233;
Dissocier les trois fonctions de la propri&#233;t&#233;
Deux r&#233;gimes autogestionnaires&#8230; parmi d'autres
Quelques objections classiques
Puissances de la coop&#233;ration&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 7
R&#201;FORMES ET R&#201;VOLUTIONS : LA LONGUE MARCHE DE LA SOCI&#201;T&#201; CIVILE
Pas de r&#233;forme sans (menace de) r&#233;volution
Ill&#233;galisme et non-violence
Accoucheuse ou fossoyeuse ?
La r&#233;volution d&#233;mocratique vient de loin
La r&#233;volution en actes
De nouveaux objets politiques&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHAPITRE 8
POUR UNE RELOCALISATION COOP&#201;RATIVE
Autod&#233;fense sociale
L'inflexion de Copenhague
Les rivalit&#233;s &#233;co-imp&#233;rialistes
A la recherche du bouc &#233;missaire
Rompre avec le libre-&#233;change
Privil&#233;gier la coop&#233;ration
Changer l'Europe pour la sauver&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CONCLUSION
VERS UN SOCIALISME CIVIL&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;LISEZ LE TEXTE EN MODE PDF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-1' id='nb6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] J.L. Sagot-Duvauroux, &lt;a href='http://www.emancipation-blog.net/index.php?B1-un-libre-projet' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.emancipation-blog.net/in&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-2' id='nb6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Jacques Ranci&#232;re, La haine de la d&#233;mocratie, La Fabrique, 2006&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-3' id='nb6-3' class='spip_note' title='Notes 6-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Axel Honneth, La lutte pour la reconnaissance, Cerf, 2007, p. 201&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-4' id='nb6-4' class='spip_note' title='Notes 6-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Isabelle Stengers, Le temps des catastrophes. Pour conjurer la barbarie qui vient, La D&#233;couverte, 2009&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6-5' id='nb6-5' class='spip_note' title='Notes 6-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Voir Attac (sous la direction de Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon), Sortir de la crise globale, Paris, La D&#233;couverte, 2009 ; Fr&#233;d&#233;ric Lordon, La crise de trop, Paris, Fayard, 2009 ; Isaac Johsua, La grande crise du XXI&#232; si&#232;cle. Une analyse marxiste, Paris, La D&#233;couverte, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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