Pour sortir du désastre : L’économie biophysique comme approche de base

Samedi 2 mars 2013

Dans son premier rapport comme Commissaire au développement durable, Mead a montré que l’empreinte écologique du Québec exigerait trois planètes si toute l’humanité connaissait le niveau de vie des Québécois. Dans son livre sur l’indice de progrès véritable, il montre les grandes faiblesses du PIB comme indice de notre développement, qui surévalue par trois fois les bénéfices de l’activité économique. Ici, il étend la réflexion aux contraintes qui seront imposées à l’activité économique par les fondements en ressources, surtout énergétiques, de notre civilisation.

Mots clé : ÉROI, économie biophysique, sables bitumineux, prix des ressources, croissance zéro, énergies non conventionnelles, économie verte, boucles de rétroaction positive et négative, effondrement, Indice de prix à la consommation (IPC), récession

Tout récemment un collectif d’auteurs parmi les hétérodoxes, de grande qualité, a publié un livre dont le titre souligne l’objectif. Sortir de l’économie du désastre (plutôt que «  sortir l’économie du désastre » [1]) fait un bon portrait de l’ensemble de dérapages de l’économie néolibérale. Le livre termine avec un bref essai qui fait le bilan de la « crise de la pensée économique » décrite par les auteurs. Nulle part dans l’analyse, nulle part dans la réflexion qui marque tout le livre, ne trouve-t-on reconnaissance, voire mention de ce qui est la véritable crise de la pensée économique. Malgré leurs orientations on ne peut plus soucieuses de notre bien-être comme société, les auteurs laissent de coté la crise des fondements, non seulement ceux de la pensée néolibérale mais également ceux de la pensée hétérodoxe. Tout se passe comme s’il faut corriger le tir, mais non revoir les bases.

En fait, il est évident (pour certains) que le livre manque un chapitre sur les fondements écosystémiques de tout le processus social, économique et politique décrit par les auteurs. Ce qui est moins évident est qu’un tel chapitre aurait ébranlé la réflexion qui traverse le livre. Notre société, tout en étant confronté à de nombreux défis représentés par le titre faisant allusion à une économie de désastre, se trouve aujourd’hui devant un défi encore plus profond. Ce défi constitue, finalement, une révolution et une crise pour notre société tout comme pour notre économie, pour notre avenir.


  • [1] Bernard Élie et Claude Vaillancourt, coordonnateurs, Sortir de l’économie du désastre : austérité, inégalités, résistances, M Éditeur, 2012