L’évaluation et les listes de revues

Vendredi 15 octobre 2010

L’évaluation, et la place qu’y occupe la bibliométrie, sont au cœur des débats actuels. Les enjeux sont majeurs : seront dotées en crédits les universités considérant la bibliométrie comme l’indicateur suprême de l’activité et de la qualité de la recherche. Or, comme le montre Florence Audier, les Français ont désigné comme cible d’excellence des revues auxquelles ils n’accèdent pas, sauf réseaux particuliers. Depuis longtemps, les économistes et les gestionnaires, s’inspirant en cela des pratiques de communautés scientifiques appartenant aux « sciences dures », comme celles de physique ou de chimie, ont érigé la publication d’articles dans des revues internationales « à comité de lecture » comme étant le meilleur critère « d’excellence », avec à la clé une hiérarchisation plus ou moins explicite de ces revues, dont la plupart sont anglo-saxonnes. Plus récemment, une « liste de revues », cette fois clairement hiérarchisée, a été construite par et pour la section 37 du Comité national (qui est en charge de l’économie et de la gestion), dans le double but d’être une « aide à la décision et non pas un moyen de classement aveugle et automatique qui se substituerait eo ipso à une instance d’évaluation et de jugement scientifique » [1]. Plus précisément, il s’agissait pour ses initiateurs de mettre sur pied, avec la communauté concernée, une liste devant « servir aux évaluateurs à mieux repérer les revues reconnues et considérées comme de référence ». Avec aussi le souci, « dans un contexte où la bibliométrie gagne du terrain […] de ne pas se faire imposer de l’extérieur un classement moins soucieux de représenter les divers domaines de l’économie et de la gestion ». L’enjeu était donc de donner en quelque sorte un même thermomètre à tous, de fournir des points de repères sur des disciplines ou sous-disciplines que les évaluateurs (qu’ils soient d’ailleurs des pairs ou des nommés) ne connaissent pas forcément, voire réduire les conséquences des nombreuses idées préconçues qui circulent dans le milieu.

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