Le précaire état de santé économique des États-Unis

Mercredi 12 janvier 2011

Officiellement, selon les compilations du National Bureau of Economic Research qui est considéré comme l’autorité en la matière, la récession aux États-Unis est terminée depuis quinze mois. Pourtant, comme chacun est en mesure de le constater, rien dans la situation économique de ce pays ne tend à confirmer ce verdict. Le signe le plus éloquent de ce que la léthargie perdure est incontestablement le taux très élevé du chômage qui, à près de 10%, n’a pas bougé depuis le début de cette prétendue reprise et ne manifeste aucune tendance à une réduction prochaine. Il en est de même du taux de croissance du PIB, dont il est prévu qu’il avoisinera le niveau anémique de 2-2,5 % en ce dernier trimestre de 2010 après avoir à peine dépassé 1,5 % au cours des deux trimestres précédents.

Consommation, investissement, exportations : même bilan négatif

Incertaines quant aux perspectives de profits, les entreprises se tiennent loin du réinvestissement et tout aussi loin de la relance de l’embauche, même si elles disposent d’une surabondance de liquidités. Je reviendrai plus loin sur cette surabondance. Quant aux consommateurs, dont le surendettement a mené au cauchemar avec l’éclatement de la crise, ils sont principalement préoccupés par la précarité de l’emploi, la réduction de leurs dettes et la reconstitution de leurs épargnes. Ils procèdent, selon le jargon économique, à la « déleviérisation » de leur situation financière. La dette des ménages, qui était de 85 % du revenu personnel disponible en 1990, est aujourd’hui de 126 % après avoir frôlé les 140 % en 2008, et le taux d’épargne des individus, qui avait chuté à moins de 2 % en 2005 est revenu au niveau moyen de 6 % des années 1990.