Le bonheur : le paradigme d´avenir de l´économie

Dimanche 26 avril 2009

En 1974, l’économiste Richard Easterlin publie un article [1] dans lequel il montre que malgré l’augmentation des revenus d’environ 60% aux Etats-Unis entre 1946 et 1970, les personnes ne sont pas plus heureuses. C’est ce qui a été appelé paradoxe d’Easterlin ou paradoxe du bonheur.

Cet article s’insère dans un contexte de remise en cause d’un des fondements de la pensée économique traditionnelle, qui est que plus de richesse, c’est plus de bien-être et donc plus de bonheur. En 1971, deux psychologues, Brickman et Campbell, avaient publié un article dans lequel ils expliquaient que l’amélioration objective des conditions de vie n’avait pas d’effet sur le bonheur individuel [2]. En 1976, l’économiste Tibor Scitovsky publie, L’économie sans joie, un livre dans lequel il explique que la plupart des plaisirs de la vie ne peuvent être ni vendus ni achetés, que le confort matériel et l’absence de souffrance ne sont pas suffisants, que les personnes ont besoin de nouveauté et de défis [3].

Les résultats d’Easterlin ont été confirmés par de nombreuses études, même s’il en existe qui ont obtenu des résultats divergents. Des études plus détaillées ont été menées par la suite, qui apportent des résultats plus précis. Les comparaisons internationales [4] montrent que les pays plus riches sont en moyenne plus heureux, mais il existe des pays pauvres où le niveau de bonheur est proche de celui des pays riches et, surtout, à partir d’un certain niveau de richesse, variable selon les études, un surcroît durable de revenu n’amène plus un surcroît durable de bonheur. A l’intérieur des pays riches, la croissance économique des dernières décennies n’a pas permis d’augmenter le bonheur individuel [5] . A l’intérieur d’un même pays, à une même époque, les personnes plus riches sont souvent, en moyenne, plus heureuses.

LES FONDEMENTS DE L’ÉCONOMIE DU BONHEUR SONT D’ORDRE PSYCHOLOGIQUE

Ce qui est important surtout, plus que ces études sur la corrélation entre bonheur et revenu, c’est que nous connaissons aujourd’hui plutôt bien certaines raisons. Les économistes qui travaillent sur la relation entre bonheur et revenu ont l’habitude de mettre en avant deux de ces raisons : la comparaison sociale et l’adaptation. La comparaison sociale est le fait que l’on compare sa situation à la situation d’autres personnes. Elle se fait essentiellement avec des personnes proches et non des personnes lointaines [6] . Brown [7] montre dans une étude que les ouvriers d’une usine préfère un augmentation moindre de salaire mais supérieure à l’augmentation de salaire des autres qu’une augmentation supérieure de salaire mais moindre que l’augmentation reçue par les autres. L’adaptation est le fait de s’adapter à un changement de situation. L’adaptation à la richesse croissante ferait que tout effort serait voué à une augmentation temporaire de bonheur : le revenu s’accroît, le bonheur s’accroît, la personne s’adapte à la nouvelle situation, le bonheur revient à son niveau d’origine.

Les écrits des psychologues sont souvent beaucoup plus complets que ceux des économistes. Les raisons évoquées ne se limitent pas à la comparaison sociale et à l’adaptation. La première raison est donnée par la psychologie du bonheur : le bonheur n’est pas que dans l’importance du revenu. Les psychologues qui font des recherches en psychologie du bonheur considèrent que le bonheur comporte deux, voire trois composantes majeures : les émotions positives et la satisfaction sont les deux premières composantes ; une troisième est souvent ajoutée, l’absence d’émotions négatives [8]. En fait, cela revient à distinguer une dimension émotionnelle et une dimension cognitive, les deux dimensions ayant des interactions entre elles. Dans la vie quotidienne, émotions et satisfaction ne prennent pas leur source seulement dans le revenu, loin de là. L’amour, l’amitié, la famille, la religion, la personnalité, l’âge, les loisirs, le travail, tout cela est source d’émotions positives et de satisfaction… ou d’émotions négatives et d’insatisfaction. Le revenu n’est qu’une source de bonheur parmi d’autre, une source qui, bien souvent, est de moindre importance.

Kasser et Ryan ont mis en évidence que les personnes aux valeurs extrinsèques - tournées vers la recherche d’argent, de pouvoir et de statut - sont en moyenne moins heureuses que les personnes aux valeurs intrinsèques – tournées vers le développement personnel, l’intimité et la participation à la communauté [9]. Il s’agit d’un lien de corrélation, le lien de causalité n’est pas encore établi. Mais ces résultats ont été confirmés dans des aires culturelles différentes, des études ayant été par exemple réalisées au Royaume-Uni [10] , en Roumanie [11] et en Corée du Sud [12]..

Plus de choix, ce serait plus de liberté et subséquemment plus de bonheur, c’est ce que l’on pourrait penser. Pourtant, ce n’est pas le cas. Des psychologues ont montré que les personnes qui ont une stratégie de choix type maximisation sont statistiquement moins heureuses que les personnes qui ont une stratégie de choix type satisfaction [13] . Une diversité plus grande de produits de consommation n’améliore donc pas forcément le bonheur individuel. A titre personnel, j’ai d’ailleurs ressenti un certain soulagement lorsque, plutôt que de faire mes courses dans un hypermarché, je suis allé les faire chez un petit hard discounter : si je voulais me faire un cassoulet, plus besoin de me demander quelle marque acheter puisqu’il n’y en avait plus qu’une [14].

L’argent peut être un masque à certaines souffrances. S’il permet de panser momentanément certaines blessures, l’argent ne règle réellement que les problèmes d’argent. Une estime de soi faible, les tendances anxieuses ou dépressives, le manque d’assertivité, pour tout ces états et bien d’autres encore l’argent peut paraître comme une solution, mais la solution n’est que très partielle.

Toutes ces explications peuvent être classées en deux catégories : d’un côté les explications relatives à la richesse absolue, de l’autre celles relatives à la richesse relative. Dans le premier cas, ces explications jouent fortement lorsqu’un certain niveau de richesse est atteint ; dans le second cas, elles jouent quel que soit le niveau de richesse [15]. Les économistes, même les plus novateurs dans le domaine de l’économie du bonheur, ont tendance à préférer les secondes, sans doute parce que ce sont les explications qui remettent le moins en cause la façon traditionnelle de penser l’économie. Une piste de recherche serait sans doute de mesurer le poids respectif des différentes raisons, une mesure rendue plus difficile encore par le fait qu’elle est relative aux situations et aux personnes.

Par ailleurs, le bonheur, ça se construit. Si cela n’était pas vrai, alors le bonheur perdrait toute légitimité comme paradigme d’avenir de la pensée et de l’action économiques. Il y a des études qui affirment que le bonheur ne peut être durablement augmenté, c’est faux. Ces études sont issues de trois branches : la génétique, la personnalité, l’adaptation. Or la génétique ne décide pas de tout ; les traits de personnalité, quoique souvent stables, peuvent changer ; l’adaptation n’est pas forcément totale. Surtout, il y a des études qui montrent que l’on peut durablement augmenter son niveau de bonheur, des études qui sont pour certaines anciennes et solides. C’est le cas des études portant sur la stabilité des effets des psychothérapies [16] .

LA CROISSANCE ECONOMIQUE PEUT ÊTRE UN DESTRUCTEUR DE BONHEUR

Si la croissance économique, qui permet l’augmentation réelle des revenus, n’est plus l’une des meilleures stratégies pour augmenter le bonheur à partir d’un certain niveau de richesse, on peut poser moins difficilement la question de son rôle potentiellement néfaste sur le bonheur [17] .

Le chômage est un des destructeurs de bonheur les plus puissants [18] . Or, le chômage est nécessaire à la croissance économique dans le capitalisme [19] . Le chômage est lié pour une part importante au processus même de la croissance économique. Dans les pays industrialisés, chaque année, environ 15% des emplois sont détruits et une proportion similaire d’emplois est créée. C’est ce qui a été appelé la « loi des 15% » [20]. Il y a donc des réallocations massives d’emplois. Ces réallocations sont pour 80% intra-sectorielles, à l’intérieur même de chacun des secteurs économiques. Les 20% restants sont des réallocations inter-sectorielles, entre secteurs économiques.

Au niveau des entreprises, la réallocation peut prendre deux formes. Il y a les réallocations liées à la destruction et à la création d’entreprise. Il y a aussi les réallocation à l’intérieur même des entreprises : on licencie les travailleurs qui ont été utile au processus productif mais qui ne le sont plus pour embaucher des travailleurs qui permettent le bon fonctionnement du nouveau processus productif [21].

Les chômeurs sont donc d’abord des victimes de la croissance économique. Cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir de temps à autre des responsabilités individuelles. Simplement, la réalité est que, pour faire de la croissance, pour faire de la richesse, le capitalisme détruit du bonheur individuel à travers les chômeurs. Il est donc juste que les chômeurs soient parmi les premiers bénéficiaires de la croissance économique, car ce sont eux qui en supporte sinon le coût principal.

Nous sommes, au moment où j’écris, en pleine crise économique. Le chômage repart à la hausse en même temps que de nombreux pays entrent en récession, subissent une décroissance non voulue. Faut-il changer de raisonnement ? Faut-il restreindre les aides aux chômeurs plutôt que de les augmenter ? En fait, plus il y a de chômeurs, plus ceux qui sont au chômage sont perçus comme des victimes [22]. Cela peut sembler paradoxal, mais c’est lorsque la croissance est forte et le taux de chômage subséquemment bas que le sentiment de solidarité vis-à-vis des chômeurs est souvent le plus bas. En outre, la légitimation donnée aux mécanismes qui ont conduit à la crise, avant que la crise ne se produise, était la croissance économique. La politique contra-cyclique de tentative de relance de l’économie pourrait donc passer par l’aide aux chômeurs - et aux bas salaires pour éviter les effets de trappe. Dans une perspective d’économie du bonheur, et non d’économie traditionnelle, cela semble être l’action la plus légitime.

LES POLITIQUES PUBLIQUES A L’AUNE DE L’ECONOMIE DU BONHEUR

Quels enseignements peut-on tirer des résultats de la psychologie du bonheur et de l’économie du bonheur en matière de politiques publiques ?

La réduction des inégalités est une première préconisation. La pauvreté diminue en effet bien plus le bonheur que la richesse ne l’augmente. Les sociétés moins inégalitaires sont souvent plus heureuses que les sociétés plus inégalitaires. Améliorer le bonheur passe donc par une diminution des inégalités. Cependant, rien ne montre que l’égalité soit l’optimum. La réduction des inégalités de revenus se fait essentiellement par la fiscalité. Or la mondialisation et la concurrence fiscale sont mises en avant pour justifier une baisse de la fiscalité. Pour justifier cette baisse de la fiscalité, il est dit aussi que l’argent des riches favorise la croissance de demain. A l’aune de l’économie du bonheur, ces arguments n’ont aucun poids.

Une deuxième préconisation concerne le temps de travail. Ce qui compte, dans le paradigme du bonheur, c’est que le temps soit heureux. La question n’est donc pas de savoir s’il faut augmenter le temps de travail, le diminuer ou ne rien changer. Le problème principal est d’améliorer le bonheur au travail, quelles que soient les raisons de l’insatisfaction et des émotions négatives que l’on peut y connaître. La question du temps de travail n’est pour autant pas négligeable. Il semble en effet qu’une diminution du temps de travail est plus souvent préférable à une augmentation de revenu. A partir d’un certain niveau de richesse, niveau variable, plus de revenu, ce n’est pas plus de bonheur. Au contraire, le temps libre, bien utilisé, peut donner du temps à ce qu’on se réalise soi-même, et la réalisation de soi, cela ne coûte pas forcément très cher.

La neutralisation de la perte de bonheur subie par les chômeurs est une autre préconisation. Que faire pour cela ? L’entière compensation financière des chômeurs ne permet pas de neutraliser cette perte. Clark montre ainsi que la perte d’estime de soi [23] des chômeurs ne serait expliquée que pour un quart par la baisse des revenus [24] . Le propre des chômeurs est d’avoir beaucoup de temps libre et de n’en tirer qu’une perte de bonheur. Or c’est évitable. Fryer et Payne ont même décrit un groupe de personnes devenues plus heureuses en devenant chômeuses. Ces personnes avaient occupé leur temps libre en s’investissant dans des projets qui à la fois utilisaient leurs compétences et avaient un intérêt social [25]. La perte de bonheur subie par les chômeurs fait sans doute partie des moyens de pression non-dits et sans doute non-conscients pour les contraindre à se démener de trouver un travail. Si les personnes au chômage finissaient par être plus heureuses que les personnes au travail, cela finirait peut-être par poser des problèmes, des problèmes qui nous ramènerait à la question du bonheur au travail, du bonheur dans l’entreprise.

Les préconisations vont au-delà des politiques économiques. Je prendrai comme exemple la politique scolaire. Aujourd’hui, les principales préoccupations de l’école sont de favoriser l’aisance financière future des élèves et de permettre le bon fonctionnement du système économique. Le bonheur présent de l’élève et sa capacité à construire son bonheur futur ne sont pas au centre des préoccupations [26]. Pourtant, les recherches entreprises sur la relation entre bonheur et éducation donnent des pistes. Cependant, même si ces pistes étaient mises en pratique, il resterait un souci, une pression, que l’école ne peut gérer : dans un monde où les inégalités ne sont pas suffisamment réduites, l’école risquerait de rester le lieu de la compétition initiale vers les situations les plus sûres et les plus rémunératrices.

Que conclure ? A tout cela, certains objecteront peut-être que le bonheur n’est pas forcément le but ultime de toute vie. Historiquement, c’est vrai. Par exemple, pendant longtemps, le but des chrétiens était le salut de leur âme et rien d’autre. Il faut attendre le 18ème siècle pour que le bonheur ici et maintenant devienne aussi un but [27]. La Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique est un témoignage de ce changement.

Psychologiquement, c’est en partie vrai. La liberté de chacun de est de suivre le chemin qu’il souhaite et par ailleurs, il faut admettre un droit au malheur à côté du droit au bonheur : le bonheur ne doit pas devenir une tyrannie. Mais en partie vrai seulement, car être heureux témoigne d’un très bon fonctionnement psychique et favorise le bonheur futur.

Renaud Gaucher

PS : je n’ai pas de doctorat (PhD) d’économie (je suis un jeune professeur d’histoire, diplômé en psychologie et en économie, spécialisation en économie bancaire et financière), mais il est fortement probable que, dans un futur proche, je commence un doctorat en économie du bonheur. Si vous êtes professeur d’université et que cet article ou mon livre vous donne envie que nous parlions doctorat, contactez-moi au moyen de mon site

http://renaudgaucher.jimdo.com/contact/.

PS (2) : en psychologie du bonheur, des études ont montré qu’exprimer sa gratitude est un moyen d’augmenter son bonheur. J’exprimerai donc ma gratitude en dédiant cet article à ma meilleure amie, « Reshma » Sardha Mungroo, et à ma sœur Aurélie. Et j’augmente ainsi mon bonheur… sans que cela m’ait coûté un centime d’euro !


  • [1] Easterlin, R.A., Does Economic Growth Improve the Human Lot ?, David, P.A., Reder, M.W., Nations and Households in Economic Growth : Essays in Honor of Moses Abramovitz, Academic Press, New York, 1974.
  • [2] Brickman, P., Campbell, D.T., Hedonic relativism and planning the good society, Apley, Adaptation-Level Theory : A Symposium, Academic Press, New York, 1971, 287-302.
  • [3] Scitovsky, T., The Joyless Economy : An Inquiry into Human Satisfaction and Consumer Dissatisfaction, Oxford University Press, Oxford, 1976.
  • [4] Diener, E., Diener, M., Diener, C., Factors predicting the subjective well-being of nations, Journal of Personality and Social Psychology, 69, 1995, 851-864.
  • [5] Frey, B.S., Stutzer, A., Happiness and economics. How the economy and institutions affect human well-being, Princeton Univerty Press, Princeton et Oxford, 2002.
  • [6] Ross, M., Eyman, A., Kishuck, N., Determinants of subjective well-being, Olson, Heran, Zanna, Relative Deprivation and Social Comparison, Erlbaum, Hillsdale, 1986, 79-93.
  • [7] Brown, R.J., Divided we fall : an analysis of relations between sections of a factory work-force, Tajfel, Differentiation between Social Groups, Academic Press, Londres, 1978, 395-429.
  • [8] Andrews, F.M., Withey, S.B., Social Indicators of Well-Being, Plenum, New York et Londres, 1976.
  • [9] Kasser, T., Ryan, R.M., Further examining the American dream : differential correlates of intrinsic and extrinsic goals, Personality and Social Psychology Bulletin, 22, 1996, 280-287.
  • [10] Chan, R., Joseph, S., Dimensions of personality, domains of aspiration, and subjective well-being, Personality and Individual Differencies, 28, 2000, 347-354.
  • [11] Frost, K.M., A cross-cultural study of major life aspirations and psychological well-being, Unpublished doctoral dissertation, University of Texas, 1998.
  • [12] Kim, Y., Kasser, T., Lee, H., Self-concept, aspirations, and well-being in South Korea and the United States, Journal of Social Psychology, 143, 2003, 277-290
  • [13] Schwarz, B., Ward, A., Monterosso, J., Lyubomirsky, S., White, K., Lehman, D.R., Maximizing versus satisficing : happiness is a matter of choice, Journal of Personality and Social Psychology, 83, 2002, 1178-1197.
  • [14] Et en plus c’est moins cher ! On peut donc dépenser moins pour être plus heureux.
  • [15] Gaucher, R., Bonheur et économie. Le capitalisme est-il soluble dans la recherche du bonheur ?, L’Harmattan, collection « L’esprit économique », Paris, 2009.
  • [16] Smith, M.L., Glass, G.V., Meta-analysis of psychotherapy outcome studies, American Psychologists, 32, 1977, 752-760. Cette étude a été contestée, mais d’autres études sont venues en confirmer les résultats.
  • [17] Gaucher, R., Bonheur et économie. Le capitalisme est-il soluble dans la recherche du bonheur ? L’Harmattan, collection « L’esprit économique », Paris, 2009.
  • [18] Clarck, A.E., Oswald, A., WARR, P., Is job satisfaction U-shaped in age ?, Journal of Occupational and Organizational Psychology, 69, 1996, 57-81.
  • [19] Mankiw, G.N., Macroéconomie, De Boeck Université, Bruxelles, 2003. Cahuc, P., Zylberberg, A., Le chômage. Fatalité ou nécessité ?, Flammarion, Paris, 2004.
  • [20] Cahuc, P., Zylberberg, A., Le chômage. Fatalité ou nécessité ?, Flammarion, Paris, 2004.
  • [21] Abowd, J., Corbel, P., Kramarz, F., The entry and exit of workers and the growth of employment, Review of Economics and Statistics, 81, 2, 1999, 170-187.
  • [22] Warr, P.B., Work and unemployment, Drenth, De Wolff, Handbook of Work and Organizational Psychology, Wiley, Chichester, 1984, 413-443.
  • [23] L’estime de soi et le bonheur sont fortement corrélés
  • [24] Clark, A.E., The positive externalities of higher unemployment : evidence from household data, CNRS et LEO-CRESEP, France, 1998.
  • [25] Fryer, D., Payne, R., Proactive behaviour in unemployment, Leisure Studies, 3, 1984, 273-295.
  • [26] Noddings,N., Happiness and Education, Cambridge University Press, Cambridge, 2003.
  • [27] McMahon, D.M., Happiness, a history, Grove Press, New York, 2006.