La sécurité économique des femmes : rapports de sexe ou lutte de classe ?

Vendredi 4 octobre 2002

Ce texte vise à resituer les revendications du mouvement féministe dans un contexte de lutte de classe dans une période où les grandes entreprises multinationales – personnification de la classe capitaliste – sont en train de renier les compromis qu’elles ont faits dans le cadre de l’État-providence. À cause de ce recul, nous pouvons compter de moins en moins sur l’État-nation pour réglementer le marché ou comme outil collectif pour assurer le bien-être de l’ensemble de la population. Empruntant certaines notions fondamentales de l’analyse marxiste, ce texte s’appuie surtout sur les analyses de Michal Kalecki afin de donner un cadre macroéconomique et macrosocial aux dimensions plus particulières de l’approche institutionnaliste.

Les théories de John Maynard Keynes (1968) ont inspiré la création de l’État-providence et les politiques économiques des pays occidentaux, surtout les pays anglo-saxons libéraux, au cours des « Trente glorieuses » (de 1945 à 1975 environ). Cependant, Keynes n’a jamais remis en cause la théorie microéconomique de l’équilibre et il n’a donc pas pu poser correctement la question de la répartition des revenus. Les néoclassiques ont rapidement récupéré ses théories, les interprétant comme une analyse de la rigidité des salaires et des délais de rajustement à l’équilibre, pour finalement les reléguer aux oubliettes dans les années 1980.