Des pistes pour un paradigme économique renouvelé

Mardi 19 juin 2012

Ce texte est une version légèrement remaniée d’un article datant de 2002. Ce dernier avait été présenté lors d’un atelier intitulé « La sécurité économique des femmes : les critiques féministes du discours économique dominant et les nouvelles avenues de politiques sociales ». Cet atelier, qui s’était tenu à Québec les 3 et 4 octobre 2002, avait réuni une soixantaine de chercheuses et d’intervenantes féministes. Organisé par le « Réseau féministe de chercheures et d’intervenantes pour un renouvellement des théories et des pratiques économiques et politiques pour la redistribution de la richesse », il constituait un premier traitement systématique, dans le cadre d’une dynamique de réflexion et d’échange « université-communauté », du thème de l’hétérodoxie féministe en économie. En plénière d’ouverture, cinq économistes, Marguerite Mendell, Sylvie Morel, Ruth Rose, Cécile Sabourin, Diane-Gabrielle Tremblay ainsi que la militante féministe Lorraine Guay, avaient présenté leur vision de l’économie hétérodoxe féministe. Celle de Cécile Sabourin est exposée dans ce texte. Les actes de l’atelier ont été publiés conjointement par l’Institut de recherches et d’études féministes(IREF) et Relais-Femmes [1]. Nous publions ce texte avec l’aimable autorisation de l’IREF.

Avant-propos

Cette invitation à participer à l’atelier sur la sécurité économique des femmes me permet d’organiser ma pensée sur ce thème en puisant dans les travaux que j’ai effectués au cours des dernières années. J’y adopte une approche résolument globale, une perspective à long terme, voire « utopique ». Je suis convaincue que seule une vision du monde totalement renouvelée, explicitement exprimée et inscrite dans des processus de changements permettra l’atteinte de la sécurité pour toutes et tous.

Deux prises de conscience fortes — la place spécifique et dévalorisée des femmes dans l’économie et la marginalisation croissante des personnes exclues des fruits de la croissance économique — orientent mes travaux et activités et alimentent la présente réflexion. En outre, le contexte de la globalisation économique, qui se déroule présentement à vive allure, achève de me convaincre de l’urgence d’œuvrer sérieusement à l’articulation théorique et, sur le terrain, à des transformations du système. Je remercie quelques collaboratrices et collaborateurs qui m’alimentent et m’accompagnent dans ce travail.


  • [1] Morel, S., Brossard, L. Caron, A. et N. Goudreault (dir.). 2003. Actes de l’atelier : La sécurité économique des femmes : les critiques féministes du discours économique dominant et les nouvelles avenues de politiques sociales, tenu à Québec les 3-4 octobre 2002, Montréal, IREF-Relais-Femmes.