Commentaire sur l’Appel aux économistes hétérodoxes

Lundi 29 novembre 2010

L’article publié par Harvey Mead Appel aux économistes hétérodoxes : Pourquoi ne voyez-vous pas que la croissance actuelle est incompatible avec les crises écologiques et sociales ? invitant à concevoir des analyses plus réalistes, peut-être aussi plus lucides, de l’activité économique me paraît tout à fait à propos. Affirmant cela, je ne mets pas en doute l’importance des critiques documentées proposées par Louis Gill dans plusieurs articles et conférences portant sur la dette publique.

Les économistes sont le plus souvent asservis aux théories dominantes ou relégués à la marge s’ils dénoncent trop ouvertement les assises théoriques du modèle dominant. La mise sur pied du Collectif économie autrement vise d’ailleurs à donner une vitrine aux écrits de celles et ceux qui dénoncent les contradictions du système économique, l’approche trop souvent réductrice des analyses les plus médiatisées et offrent des avenues vraiment innovatrices tant des points de vue théoriques qu’analytiques.

Me situant dans une perspective à long terme, féministe et écologique, je considère qu’il est temps que des économistes prennent sérieusement faits et actes des enjeux sociétaux qui confrontent l’humanité, en particulier la destruction de l’environnement et la négation de la dignité humaine. Je considère qu’il urgent que leurs propositions et analyses soient largement diffusées.

Déjà, au cours des années 60, au moment où je commençais mes études en économie, on reconnaissait les limites évidentes du PIB, comme mesure du développement des sociétés. Additionnant tous les biens et services produits sans égard à leurs conséquences, le PIB était et demeure principalement utile à ceux et celles qui entretiennent une vision réductrice de l’économie. Malheureusement ces derniers dominent les instances du pouvoir et sont particulièrement habiles à reléguer toute pensée hétérodoxe à la marge.