Argumentaire contre les PPP

Jeudi 18 novembre 2010

1. Le privé n’est pas plus efficace que le public

En économique, il n’est pas démontré que le privé est plus efficace que le public, pour les services publics. Que ce soit pour la gestion de l’eau, les services d’électricité ou même la collecte des déchets, il n’y a pas d’évidence que les prix diminuent suite à une privatisation ou que la qualité du service augmente. C’est plutôt le contraire. Pour la gestion de l’eau, la qualité diminue lorsque les services sont privatisés car les entreprises n’ont aucun incitatif à investir dans le réseau, ce qui cause également une hausse des coûts. Pour les services d’électricité, on observe même une augmentation des prix suite à une privatisation de l’industrie. Pour les PPP de centres hospitaliers, de centres sportifs, d’autoroutes ou même d’universités, l’expérience démontre plutôt que les coûts augmentent et que la qualité des services diminue.

2. Le financement privé est plus cher que le financement public

Les organismes publics, les États et les municipalités peuvent obtenir du financement à un coût inférieur à celui des entreprises privées. En effet, les taux d’intérêts sur les emprunts publics sont moins élevés. De plus, la récente crise financière a augmenté cet écart entre le privé et le public. Par exemple, lorsqu’une ville emprunte directement pour construire un aréna, elle paie environ 2 % de moins qu’une entreprise privée. Sur une vingtaine d’année, la différence est importante. Avec un PPP, c’est comme si la ville payait pour qu’un entrepreneur privé emprunte à sa place, à des taux plus élevés. La différence sera inévitablement payée par les contribuables.