Après cinq ans de crise : un sommaire état des lieux

Lundi 16 juillet 2012

paru dans Carré rouge, no 47, été 2012, p. 35-43

Cet article présente une évaluation de la situation mondiale près de cinq ans après le déclenchement de la crise financière en août 2007. Il évalue d’abord l’ampleur des reculs provoqués par cette crise sur le plan de la production, de l’emploi et des salaires dans les principaux pays industrialisés, et porte un jugement sur ce qui a été identifié hâtivement comme des signes de reprise, aux États-Unis avec un sursaut de l’emploi au début de la présente année et, en Europe, avec un apparent relâchement des tensions au sein de la zone euro après la période particulièrement houleuse de l’automne 2011. Il remet à cet égard les pendules à l’heure, en faisant d’abord le constat d’une réelle résurgence des tensions en Europe. Puis, il se penche sur divers aspects de la situation économique, politique et sociale des États-Unis, auxquels il accorde une attention particulière, cinq mois avant les élections présidentielles de novembre prochain.

L’ampleur du recul

Où en est le monde, près de cinq ans après le déclenchement, en août 2007, d’une crise qui ne montre à ce jour aucun signe d’apaisement ? Dans son édition du 25 février 2012, la revue financière The Economist propose de l’évaluer en termes d’années perdues, à l’aide d’une mesure qu’elle désigne comme « l’indice Proust », en référence au célèbre roman de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Divers indicateurs composent cet indice, comme le Produit intérieur brut, les dépenses de consommation, le niveau des salaires, le taux de chômage, la richesse des ménages, les prix des maisons et les cours boursiers. On en déduit une mesure globale des reculs, en termes d’années, observés dans les divers pays.