Alarmisme d’automne : cru 2010

Mardi 28 décembre 2010

Texte paru dans le Devoir du 6 décembre 2010.

Les dernières années nous ont appris que l’automne est fertile en prévisions alarmistes de l’avenir économique du Québec. Nous avons eu droit notamment au manifeste des « lucides » en octobre 2005 et, l’an dernier, aux trois fascicules des experts « indépendants », conseillers du ministre des Finances, qui ont ouvert la voie aux mesures du budget de l’année 2010-2011. Cette année, c’est le Conference Board du Canada qui se manifeste dans une étude récemment rendue publique, intitulée Les finances publiques du Québec : l’heure des choix a sonné.

Son jugement est radical : si les tendances actuelles des dépenses de programme se maintiennent, « le gouvernement du Québec court à sa perte » ! Dans vingt ans, prévient-il, le déficit budgétaire de l’année 2030-2031dépassera les 45 milliards de dollars (dix fois le déficit prévu pour l’année en cours), résultat d’une croissance annuelle moyenne prévue des revenus budgétaires de 4 %, inférieure à celle des dépenses (5 %). Les facteurs identifiés comme étant à l’origine de cet écart entre revenus et dépenses sont bien connus : une faible croissance du Produit intérieur brut réel découlant d’une faible croissance démographique, le poids prépondérant des dépenses de santé qui subiront l’effet du vieillissement de la population et une forte croissance du service de la dette. Nous revoilà donc en terrain familier, face à un ensemble d’hypothèses contestées par de nombreux chercheurs.